David Bowie : I’m Deranged

Assis à l’arrière de la voiture aux côtés d’Amber et de Glenn, Graham posa son front contre la vitre et chantonna les paroles du morceau « I’m Deranged » de David Bowie, qui passait à la radio.

Jérémy Fel – Helena – p. 274

D’accord, dans ce roman de Jérémy Fel, il y en a beaucoup qui pourraient chanter cela de manière très crédible ! Y a-t-il un seul personnage « normal » ?

Keith Jarrett : In Front

Décidément, Ian McEwan semble beaucoup aimer le jazz. Dans Opération Sweet Tooth, il nous faisait découvrir Chet Baker et dans L’intérêt de l’enfant, c’est Keith Jarrett qu’il nous présente :

De la chaîne stéréo du salon, qui servait rarement, lui parvenait un air de piano, un vieil album de Keith Jarrett, Facing You. Le premier morceau. Elle s’arrêta à la porte de sa chambre pour l’écouter. Voilà longtemps qu’elle n’avait pas entendu cette mélodie hésitante, partiellement inaboutie. Elle avait oublié la manière imperceptible dont elle montait en puissance, prenait soudain vie lorsque la main gauche se lançait dans un boogie-woogie étrangement revisité qui acquérait une force irrésistible, telle une locomotive à vapeur en pleine accélération. Seul un pianiste de formation classique pouvait libérer ses mains l’une de l’autre comme le faisait Jarrett. Tel était, du moins, son jugement partial.

Ian McEwan, L’intérêt de l’enfant, p. 212

J’ai dû faire quelques recherches pour vous présenter le morceau en question. En effet, il n’est pas cité, on sait simplement qu’il s’agit du premier morceau de l’album Facing You. Merci Wikipedia : il s’agit de In Front, morceau de 10 minutes, disponible sur YouTube.  Pour la petite histoire, le quatrième morceau s’intitule My Lady, My Child… Amusant, quand on réalise que le roman, dans sa version originale,  a pour titre The children act, et que son adaptation cinématographique s’intitule My Lady

Chet Baker : My Funny Valentine

Un peu de jazz pour rafraîchir l’atmosphère orageuse 😉 ?

Environ une heure plus tard, après nous être changés pour sortir, nous buvions notre chablis en écoutant « My Funny Valentine » de Chet Baker, cet homme qui chantait comme une femme. S’il y avait du be-bop dans ses solos de trmpette, c’était doux et tendre. Je crus même pouvoir me mettre à aimer le jazz.

Ian McEwan, Opération Sweet Tooth, p. 276

My Funny Valentine est une chanson de Richard Rodgers et Lorenz Hart, tirée de la comédie musicale américaine Place au rythme (Babes in Arms) de 1937. Après avoir été enregistrée par Chet Baker, Frank Sinatra et Miles Davis, la chanson est devenue un standard de jazz populaire, apparaissant sur plus de 1 300 albums de plus de 600 artistes !

Chet Baker a donc été le premier à l’enregistrer, en 1952. Je vous propose une version en public (à Turin) datant de 1959. Il existe une autre superbe version en public, à Tokyo, mais elle date de 1987, environ 11 mois avant son décès (accidentel ?). Mais vous la proposer aurait été anachronique, puisque le roman de Ian McEwan se déroule dans les années 70. En route donc pour Turin 😉 !

David Wark Griffith : Le lys brisé

Elles ont toutes les deux vu Le lys brisé, trois fois, et elles auraient pu encore le voir davantage, là-bas dans le grand cinéma de Broadway, assises au milieu des peaux d’oranges sucées et des coques de cacahuètes, se pâmant tandis que Lillian Gish tombait amoureuse du Chinois, fumait de l’opium, se faisait tabasser par son père et mourait.

Anna Hope, Le chagrin des vivants – p. 170

Je ne me souviens plus d’avoir regardé de film en Noir et Blanc, encore moins muet… De plus, à chaque fois, c’était un film comique : Chaplin, Buster Keaton, etc. C’est une expérience qui me manque : un mélodrame muet, comme Le lys brisé . Je vous propose ci-dessous un court extrait sous-titré en français, mais le film entier (en version anglaise, je parle des commentaires, puisque c’est un film muet) est disponible ici. Dès que j’aurai un peu de temps, je le visionnerai. Notez que que si le film est muet, cela ne veut pas dire silencieux : la bande son est impressionnante !

Dernière petite remarque : le film date de 1919 et l’histoire du Chagrin des vivants se déroule en 1920 : Anna Hope a bien travaillé sa recherche documentaire !

 

The Doors : Break on Through

Alizée Seny aime-t-elle écouter les Classiques de Classic 21 ? En tout cas, plus ancien encore que Nino Ferrer, elle nous propose maintenant de remonter le temps jusqu’en 1967, avec un morceau des Doors. Mais il est vrai qu’un tel morceau est intemporel !

Comme d’habitude, je venais de passer une bonne partie de l’après-midi enfermée dans mon atelier, à écouter en boucle le fameux album éponyme des Doors. Aucune idée de ce qui m’avait poussée à ressortir ce disque après des années, alors que je favorisais en général la musique classique… Dès l’ouverture, avec Break On Through, ma colère était revenue. L’inspiration fit surface et je peignis une toile possible.
(Traduction : Evade-toi (passe de l’autre côté))

Alizée Seny, A la ferveur de nos nuits, p. 49

Nino Ferrer : Le Sud

Ah, nostalgie quand tu nous tiens 😉 ! Mais on dirait que certaines chansons anciennes ont encore la cote auprès de plus jeunes : Alizée Seny est née en 1996, alors que Nino Ferrer a chanté le Sud dès 1975 !

Entre nous, un moment de silence. Dans mes oreilles, Nino Ferrer clamait désespérément la fin du Sud.

Alizée Seny, A la ferveur de nos nuits, p. 30

Leonard Cohen : Suzanne

Et là, dans le bruit et les embouteillages, au bout d’un fil très court qui me retenait encore à une enfance très éloignée, quelques accords de guitare.

Quelques notes et la voix parfaite, rauque et un peu traînante, de Leonard Cohen.

Suzanne takes you down to her place near the river
You can hear the boats go by
You can spend the night beside her
And you know that she’s half crazy…

– Ça va mieux ?

But that’s why you want to be there.

Je hochai la tête, en petit garçon capricieux.

Anna Gavalda, La consolante, p.24

Moi aussi, quand j’étais jeune (et encore maintenant 😉 !) j’aimais beaucoup Leonard Cohen.