Thomas Mann : La montagne magique

J’ai eu aujourd’hui une journée particulièrement chargée (en fait passée au service des urgences de l’hôpital, heureusement plus de peur que de mal, mais nous avons d’abord cru que mon épouse faisait un infar). Cependant, comme je voudrais dans la mesure du possible tenir le rythme du billet quotidien, j’ai pioché dans ma réserve d’extraits et en ai choisi deux d’un roman lu fin 2018, et dont je vous parlerai plus longuement d’ici quelques jours.

En deux mots, pour situer le contexte, le narrateur a régulièrement passé ses vacances d’été à Davos, et y a fait la connaissance d’une vieille dame inconditionnelle de Thomas Mann.

Elle se révèle une marcheuse exceptionnelle, si je songe à ses quatre-vingt-cinq ans. Elle nous fait parcourir à grande allure la Promenade unissant Davos Dorf et Davos Platz, la partie de la ville où descendent régulièrement les malades de La Montagne magique. Nous empruntons le funiculaire de Schatzalp, les mêmes wagons, prétend notre guide, ont été occupés par Thomas Mann lui-même, en 1912. Nous mettons nos pas dans ses pas, en sommes-nous conscients ? Peut-être notre postérieur où il a déposé le sien. Je me dis impressionné, ma tante Judith beaucoup moins. Elle a déjà eu le plus grand mal à suivre le rythme imposé par Frau Finkel, m’en veut de l’avoir laissée à la traîne pour ne pas paraître en difficulté face à une vieille femme. Les sièges du funiculaire sont inconfortables, nous n’allons pas nous laisser impressionner par le derrière de Thomas Mann.

François VALLEJO – Hôtel Waldheim – p. 132

Et une page plus loin :

Les fesses de Thomas Mann se sont posées sur un siège du funiculaire, c’est vrai, mais on ne sait pas lequel. On est obligé de reconnaître qu’aucun personnage de La Montagne magique n’a mis les pieds dans ce hall, puisqu’ils sont tous fictifs. Mais à force de relire ce livre depuis quarante ans et de vivre à la fois dans les lieux du livre et dans le livre, j’ai acquis le droit de croire à sa fiction, de l’incarner dans ce lieu ressemblant et d’y trouver mon seul plaisir. Vous êtes trop jeune, Jeff. Tant que vous n’aurez pas découvert ce plaisir, vous ne serez rien.

Bref, cela m’a donné envie de découvrir cet auteur que je ne connais que de réputation. Pourquoi ne pas lire La montagne magique et / ou Mort à Venise ? Cela me semble une bonne idée dans le cadre du challenge (re)lire des Classiques 😉 ! Et par la suite, pourquoi ne pas regarder le film de Visconti ?

 

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