succotash

Au dîner, ils mangèrent les steaks au barbecue de Denny et le succotash maison de Nora. La cuisine de Nora était assez rustique ; le succotash ne faisait pas partie des habitudes culinaires de la famille.

Anna Tyler, Une bobine de fil bleu, p.134

Je ne connaissais pas le succotash, et mon Larousse non plus… Bon, le contexte est clair : il s’agit d’un plat rustique ! Mais encore ?

Dès lors, direction Internet. Cette fois, c’est Wikipedia qui vient à mon secours : il s’agit d’un plat de la cuisine américaine dont les principaux ingrédients sont les haricots de Lima et le maïs, éventuellement accompagnés de morceaux de viande ou de poisson salés.

enquiller

Au bout de quelques rues silencieuses, chacune de mes questions semblant l’accabler plus encore que la précédente, elle tripota son iPod et enquilla ses écouteurs.

Anna Gavalda, La consolante, p.24

Je ne connaissais pas enquiller, mais ce verbe ne me semblant pas particulièrement exotique, j’ai été surpris de ne pas le trouver dans mes Larousse.

Dès lors, direction Internet. Et là, surprise, sur le site de Larousse, ce verbe est repris… Mon dictionnaire de 2007 commencerait-il à être obsolète ? Mais, nouvelle surprise, la définition proposée (enchaîner, accumuler) ne semble pas correspondre au contexte de l’extrait…

Dans mes recherches de mots inconnus, le site du CNRTL m’est souvent d’un grand secours. Mais les surprises continuent ! On n’y parle d’abord que d’un usage intransitif (entrer) ou pronominal réfléchi (s’introduire). Ce n’est qu’en remarque que le site parle également d’un emploi transitif, au sens de mettre, enfiler, avec comme exemple « enquiller son froc » . On retrouve bien le sens général d’entrer dans. Il me semble donc que dans l’extrait de Anna Gavalda, il y a inversion de sens : le personnage met ses écouteurs dans ses oreilles et non l’inverse. Probablement par extension du sens de mettre ?

Ajout du 11 juillet : sur Reverso, on trouve également mettre en place dans son logement, ce qui semble correspondre à l’utilisation qu’en fait Anna Gavalda.

friter (se)

– Ça fait longtemps que tes parents ne s’entendent plus ?

– Ils se fritaient bien de temps en temps, mais je pensais pas que ça allait aussi mal…

Gilles Legardinier, Et soudain tout change, p. 64

En bon Belge, j’apprécie la frite, mais je ne connaissais pas du tout l’expression se friter ! Ok, le contexte est clair, quand on ne s’entend pas bien, c’est qu’il y a de la friture sur la ligne 😉 ! Mais j’ai voulu en avoir le cœur net, et j’ai consulté le dictionnaire que j’avais sous la main, un Larousse de 1982 : rien… Monté au bureau, consulté le Larousse de 2007, et là, bonheur :

se friter : (familier) se disputer, se bagarrer.

Et mon dictionnaire de préciser que cette expression à pour objet la frite ! Il ne s’agit bien sûr pas, dans ce cas, du bâtonnet de pomme de terre frit, mais plutôt de :

Coup sur les fesses donné d’un geste vif du dos de la main.

On apprend tous les jours 🙂 !

crispin

Je serrais une paire de gants à crispin dans mes mains et portais un grand sac de cuir.

Daphné Du Maurier – Rebecca – p.59
Traduction de Denise Van Moppès

Encore un mot que je ne connaissais pas, mais pour lequel mon Larousse s’est prové compétent : Manchette de cuir adaptée à certains gants d’escrimeur, de motocycliste, etc. Bon, d’accord, ici, il ne s’agit ni d’escrimeur, ni de motocycliste.

J’ai de tout de même eu recours à Internet pour trouver une illustration 😉 !

cartel

Je connais bien sûr la définition du mot cartel, cette entente entre entreprises, dont l’objectif est de limiter la concurrence pour se faire du flouze sur le dos des consommateurs. Je savais aussi que cela pouvait s’appliquer à une entente entre narcotrafiquants (qui n’a jamais entendu parler du cartel de Medellin ?), mais je ne savais pas qu’un cartel pouvait donner l’heure…

Le restaurant était à présent plein de gens qui bavardaient et riaient sur un fond d’orchestre et de tintements de vaisselle, et, levant les yeux vers le cartel qui surmontait la porte, je vis qu’il était deux heures.

Daphné Du Maurier – Rebecca – p.24
Traduction de Denise Van Moppès

Et bien oui, et même mon Larousse le savait (mais moi pas), un cartel est aussi une pendule murale, portée ou non par un socle en cul-de-lampe…

contremander

Un peu honteuse de mon allégresse, je téléphonai à ses amis afin de contremander la petite réunion qui devait avoir lieu le soir et descendis au restaurant une bonne demie-heure avant le moment habituel de notre repas.

Daphné Du Maurier – Rebecca – p.21
Traduction de Denise Van Moppès

Le contexte est clair : il ne peut s’agir que d’un synonyme de décommander. Le Wiktionnaire et le CNRTL confirment mon intuition, mais il est étrange de constater que ce verbe est absent de mon Larousse.

gisquette

Elle se détacherait de lui probablement si jamais elle découvrait aussi qu’il avait deux fausses incisives. C’est pourquoi, dès qu’il lui « roulait un patin », il fallait qu’il fût terriblement sur ses gardes : imaginez qu’il aille perdre son appareil ! C’est qu’elle était vachement difficile. Elle pouvait se le permettre, d’ailleurs ! C’était de loin, la plus chouette gisquette du quartier.

James Herbert – Les rats – p. 144
Traduction : Jacqueline Huet

Une consultation rapide de mon Larousse : rien, pas de gisquette… Recours obligé à Internet. Et là, surprise, sur le site de Larousse lui-même : « Populaire et vieux. Jeune fille » . D’accord, c’est cohérent avec l’extrait. Je décide pourtant de poursuivre mes recherches. Et sur le site du CNRTL, je découvre qu’en argot ce terme désigne une « Prostituée, fille en carte » . Et de même proposer une possible étymologie : « peut-être du nom d’Henri Gisquet [1792-1866] préfet de police qui imposa une carte aux prostituées » .