Thomas Mann : La montagne magique

J’ai eu aujourd’hui une journée particulièrement chargée (en fait passée au service des urgences de l’hôpital, heureusement plus de peur que de mal, mais nous avons d’abord cru que mon épouse faisait un infar). Cependant, comme je voudrais dans la mesure du possible tenir le rythme du billet quotidien, j’ai pioché dans ma réserve d’extraits et en ai choisi deux d’un roman lu fin 2018, et dont je vous parlerai plus longuement d’ici quelques jours.

En deux mots, pour situer le contexte, le narrateur a régulièrement passé ses vacances d’été à Davos, et y a fait la connaissance d’une vieille dame inconditionnelle de Thomas Mann. Continuer la lecture de « Thomas Mann : La montagne magique »

John Irving : Le monde selon Garp

Jérémy Fel aurait-il un oeuf à peler avec John Irving ? En tout cas, on ne peut pas dire qu’il fait sa pub 🙁 !

Puis elle reprit la lecture du Monde selon Garp où elle l’avait laissée. C’était sa meilleure amie qui lui avait conseillé de le lire, mais elle n’arrivait pas trop à accrocher, trouvant le tout trop fantasque, trop brouillon.

Jérémy Fel – Helena – p. 487

Quant à moi, il y a bien longtemps que j’ai découvert cet auteur au travers de ce roman, et qui m’avait tellement enthousiasmé que depuis, j’en ai lu bien d’autres du même auteur !

Coïncidence : cette semaine, un ami partageait une publication sur Facebook de John Irving lui-même, à l’occasion du 40 ème anniversaire de sa publication. Une édition spéciale vient d’ailleurs d’être publiée.

Howard Phillips Lovecraft : La Couleur tombée du ciel

Toujours dans Helena, après deux citations musicales, voici deux références littéraires (une aujourd’hui et la seconde demain).  Mais si les références musicales de Jérémy Fel sont quand même récentes (1995 pour David Bowie et 2012 pour Lana del Rey), ses références littéraires sont nettement plus anciennes ! C’est ainsi que la nouvelle de Lovecraft dont il est question aujourd’hui a été publiée en 1927 😉 ! Il me semble qu’il y a très très longtemps, j’avais essayé de lire Lovecraft, mais que j’avais abandonné en cours de lecture. Il faudra que je réessaie !

Tommy, allongé en caleçon sur son lit, relut la dernière phrase de La Couleur tombée du ciel de Lovecraft, en frissonnant. Graham lui avait déjà parlé de cet écrivain deux mois plus tôt. Il avait trouvé par hasard, chez un bouquiniste, ce vieux livre qui regroupait certaines de ses nouvelles, et qu’il avait lu d’une traite, fasciné par l’imagination débordante de cet homme qui ne pouvait qu’être aliéné.
Si seulement il avait eu le même talent pour coucher toute sa haine, toutes ses peurs les plus profondes, sur le papier, les rendre ainsi plus acceptables aux autres…

Jérémy Fel – Helena – p. 315

Je n’ai pas encore eu le temps d’écouter, mais je me suis dit que cette mise en ondes par France Culture vous intéresserait peut-être :

Lana Del Rey : Video Games

Helena est bourré de références musicales : en voici encore une 😉 ,  que je ne connaissais pas 🙁 , mais que j’aime beaucoup, même si je ne suis pas fan des jeux vidéos 🙂 ! Après une seconde écoute, je rectifie : ce morceau de 2012 ne m’est bien sûr pas inconnu, mais j’aurais été incapable d’en donner l’interprète…

Hayley sortit le revolver de son sac à main et le glissa sous son oreiller. Quand elle retourna sur Facebook, elle vit que Neil avait posté une vidéo sur son mur, un clip de Lana Del Rey, « Video Games ».
Émue, Hayley le visionna en ne pouvant s’empêcher d’entendre son ex-petit ami en chantonner les paroles tout près d’elle. Une voix pleine de regrets, implorant son pardon.
Heaven is a place on earth with you… Tell me all the things you wanna do…
Alors qu’elle savait pertinemment que le paradis ne lui serait plus jamais accordé, ni sur Terre ni au Ciel.

Jérémy Fel – Helena – p. 294

 

David Bowie : I’m Deranged

Assis à l’arrière de la voiture aux côtés d’Amber et de Glenn, Graham posa son front contre la vitre et chantonna les paroles du morceau « I’m Deranged » de David Bowie, qui passait à la radio.

Jérémy Fel – Helena – p. 274

D’accord, dans ce roman de Jérémy Fel, il y en a beaucoup qui pourraient chanter cela de manière très crédible ! Y a-t-il un seul personnage « normal » ?

Keith Jarrett : In Front

Décidément, Ian McEwan semble beaucoup aimer le jazz. Dans Opération Sweet Tooth, il nous faisait découvrir Chet Baker et dans L’intérêt de l’enfant, c’est Keith Jarrett qu’il nous présente :

De la chaîne stéréo du salon, qui servait rarement, lui parvenait un air de piano, un vieil album de Keith Jarrett, Facing You. Le premier morceau. Elle s’arrêta à la porte de sa chambre pour l’écouter. Voilà longtemps qu’elle n’avait pas entendu cette mélodie hésitante, partiellement inaboutie. Elle avait oublié la manière imperceptible dont elle montait en puissance, prenait soudain vie lorsque la main gauche se lançait dans un boogie-woogie étrangement revisité qui acquérait une force irrésistible, telle une locomotive à vapeur en pleine accélération. Seul un pianiste de formation classique pouvait libérer ses mains l’une de l’autre comme le faisait Jarrett. Tel était, du moins, son jugement partial.

Ian McEwan, L’intérêt de l’enfant, p. 212

J’ai dû faire quelques recherches pour vous présenter le morceau en question. En effet, il n’est pas cité, on sait simplement qu’il s’agit du premier morceau de l’album Facing You. Merci Wikipedia : il s’agit de In Front, morceau de 10 minutes, disponible sur YouTube.  Pour la petite histoire, le quatrième morceau s’intitule My Lady, My Child… Amusant, quand on réalise que le roman, dans sa version originale,  a pour titre The children act, et que son adaptation cinématographique s’intitule My Lady

Chet Baker : My Funny Valentine

Un peu de jazz pour rafraîchir l’atmosphère orageuse 😉 ?

Environ une heure plus tard, après nous être changés pour sortir, nous buvions notre chablis en écoutant « My Funny Valentine » de Chet Baker, cet homme qui chantait comme une femme. S’il y avait du be-bop dans ses solos de trmpette, c’était doux et tendre. Je crus même pouvoir me mettre à aimer le jazz.

Ian McEwan, Opération Sweet Tooth, p. 276

My Funny Valentine est une chanson de Richard Rodgers et Lorenz Hart, tirée de la comédie musicale américaine Place au rythme (Babes in Arms) de 1937. Après avoir été enregistrée par Chet Baker, Frank Sinatra et Miles Davis, la chanson est devenue un standard de jazz populaire, apparaissant sur plus de 1 300 albums de plus de 600 artistes !

Chet Baker a donc été le premier à l’enregistrer, en 1952. Je vous propose une version en public (à Turin) datant de 1959. Il existe une autre superbe version en public, à Tokyo, mais elle date de 1987, environ 11 mois avant son décès (accidentel ?). Mais vous la proposer aurait été anachronique, puisque le roman de Ian McEwan se déroule dans les années 70. En route donc pour Turin 😉 !

David Wark Griffith : Le lys brisé

Elles ont toutes les deux vu Le lys brisé, trois fois, et elles auraient pu encore le voir davantage, là-bas dans le grand cinéma de Broadway, assises au milieu des peaux d’oranges sucées et des coques de cacahuètes, se pâmant tandis que Lillian Gish tombait amoureuse du Chinois, fumait de l’opium, se faisait tabasser par son père et mourait.

Anna Hope, Le chagrin des vivants – p. 170

Je ne me souviens plus d’avoir regardé de film en Noir et Blanc, encore moins muet… De plus, à chaque fois, c’était un film comique : Chaplin, Buster Keaton, etc. C’est une expérience qui me manque : un mélodrame muet, comme Le lys brisé . Je vous propose ci-dessous un court extrait sous-titré en français, mais le film entier (en version anglaise, je parle des commentaires, puisque c’est un film muet) est disponible ici. Dès que j’aurai un peu de temps, je le visionnerai. Notez que que si le film est muet, cela ne veut pas dire silencieux : la bande son est impressionnante !

Dernière petite remarque : le film date de 1919 et l’histoire du Chagrin des vivants se déroule en 1920 : Anna Hope a bien travaillé sa recherche documentaire !

 

The Doors : Break on Through

Alizée Seny aime-t-elle écouter les Classiques de Classic 21 ? En tout cas, plus ancien encore que Nino Ferrer, elle nous propose maintenant de remonter le temps jusqu’en 1967, avec un morceau des Doors. Mais il est vrai qu’un tel morceau est intemporel !

Comme d’habitude, je venais de passer une bonne partie de l’après-midi enfermée dans mon atelier, à écouter en boucle le fameux album éponyme des Doors. Aucune idée de ce qui m’avait poussée à ressortir ce disque après des années, alors que je favorisais en général la musique classique… Dès l’ouverture, avec Break On Through, ma colère était revenue. L’inspiration fit surface et je peignis une toile possible.
(Traduction : Evade-toi (passe de l’autre côté))

Alizée Seny, A la ferveur de nos nuits, p. 49

Nino Ferrer : Le Sud

Ah, nostalgie quand tu nous tiens 😉 ! Mais on dirait que certaines chansons anciennes ont encore la cote auprès de plus jeunes : Alizée Seny est née en 1996, alors que Nino Ferrer a chanté le Sud dès 1975 !

Entre nous, un moment de silence. Dans mes oreilles, Nino Ferrer clamait désespérément la fin du Sud.

Alizée Seny, A la ferveur de nos nuits, p. 30