Le mois belge

Heureux qui comme Ulysse
A fait un beau voyage
Heureux qui comme Ulysse
A vu cent paysages
Et puis a retrouvé après
Maintes traversées
Le pays des vertes années

Chanson chantée par Georges Brassens,
musique de Georges Delerue,
paroles de Henri Colpi

Mars fut un beau voyage dans les pays de l’Est, et même si je n’ai pas lu cent œuvres, j’en garde un excellent souvenir ! Même que j’ai encore des lectures à terminer et à commenter 😉 .

Mais voilà, cela fait du bien aussi de retrouver ses pénates (ai-je précisé que j’étais belge ?), et c’est donc avec un plaisir non dissimulé que je m’inscris au mois belge organisé par Anne et Mina. La règle en est simple : peu importe le genre et la maison d’édition, peu importe que le livre soit traduit (du flamand) ou pas, mais l’auteur doit être belge. J’ai déjà quelques idées de lecture, mais mes choix n’étant pas définitifs, je les tairai provisoirement. Tout au plus puis-je dire que j’essaierai de sortir de temps en temps des sentiers battus et essaierai de vous faire découvrir des auteur.e.s moins connu.e.s. Continuer la lecture de « Le mois belge »

kacha

Père rentrait de son travail tard le soir. Il mangeait une gamelle de kacha, buvait du thé noir sans pain ni sucre.

Nina Berberova, De cape et de larmes, p. 13

Bon d’accord, le contexte est clair : cela se mange. Mais, personnellement, j’ai horreur de ne pas savoir ce que je mange ! Alors Larousse est venu à mon secours : « semoule de sarrasin mondé, cuite à l’eau ou au gras. (Cuisine russe) » Et pour le plaisir des yeux, un petit détour par Wikipedia :

Comparaison 001

Je viens de me rendre compte que je ne vous avais encore proposé aucune comparaison. C’est pourtant un de mes passe-temps favoris : collectionner les comparaisons, poétiques, farfelues ou absconses, rencontrées au hasard de mes lectures. C’est donc finalement Magda Szabo qui inaugurera cette rubrique, avec une comparaison particulièrement parlante :

Elle n’avait plus ni père, ni mère. Iza se répéta la phrase, expérimenta l’effet que produit une sensation aussi inconnue, comme on teste sur le gras du pouce le tranchant d’un couteau fraîchement aiguisé.

Magda Szabo – La ballade d’Iza – p. 218

Mars, mois de l’Europe de l’Est

S’il reste une seule bonne résolution pour 2018 à laquelle je reste cramponné comme un noyé à sa bouée, c’est bien de ne plus chercher à vouloir rattraper le temps perdu ! Alors, bien sûr, j’ai des tas de billets en chantier, plus ou moins avancés (en général, surtout moins 🙁 ) : je viens d’en faire l’inventaire, et je suis arrivé à 20 ! Bref, je pourrais tenir plus de la moitié de ce mois rien qu’en terminant ce qui est déjà ébauché. Oui, mais alors, de deux choses l’une, dans ce cas : ou bien je ne lis plus rien, ne vais plus au théâtre ni au cinéma tant que je ne n’ai pas rattrapé mon retard, ou bien je continue à faire gonfler ma pile d’impubliés.

Bref, je ne jette rien de mes billets en projet, même si la plupart sont morts-nés. Et je continue à lire, à m’inscrire à des challenges, en privilégiant ces nouveaux défis, mes fantômes de billets pouvant éventuellement me servir de temps en temps comme bouche-trou.

Et donc, comme j’ai découvert le challenge Mois de l’Europe de l’Estorganisé par Eva, Patrice et Goran. J’ai décidé d’y participer ! Je suis en train de lire La ballade d’Iza de Magda Szabo (Hongrie) : j’adore ! Et m’attendent sur ma table de lecture De cape et de larmes de Nina Berberova (Russie) et L’aigle de Ismaïl Kadaré (Albanie).

Mais d’ici la fin du mois, il y a bien d’autres découvertes possibles !

Liste des pays acceptés :

– Albanie
– Biélorussie
– Bosnie-Herzégovine
– Bulgarie
– Croatie
– Estonie
– Hongrie
– Lettonie
– Lituanie
– Moldavie
– Monténégro
– Pologne
– République de Macédoine
– République tchèque
– Roumanie
– Russie
– Serbie
– Slovaquie
– Slovénie
– Ukraine

craquias

Allez, c’est ma dernière découverte du vocabulaire québecois !

Cette fois, je blêmissais de rage en rêvant d’arracher la perruque à l’insolente qui me traitait de craquias ; je n’étais peut-être pas très beau, mais je n’étais certainement pas un craquias !

Michel Tremblay, La nuit des princes charmants, p.153

Bon d’accord, ce mot n’est pas accepté au scrabble, mais cela ne m’avance guère… Une recherche un peu plus poussée m’oriente vers la botanique : bardane ou chardon. Ainsi dans L’églantine et le chardon, chez Du cœur au Jardin ou encore dans Les 1000 mots indispensables en québécois

Mais cette interprétation ne semble guère plausible en fonction du contexte, même si cela ne doit pas être agréable de se faire traiter de chardon…

Finalement, c’est le Wiktionnaire qui éclairera notre lanterne. Dans un premier temps, il nous indique qu’il s’agit soit du pluriel de craquia, soit d’une autre orthographe de craquia. Ensuite, il nous explique qu’il s’agit d’un terme québecois familier désignant la bardane, mais surtout qu’il s’agit également d’un terme littéraire rare, désignant une personne très laide, négligée ou désagréable 🙂 !

jouquée

Mais pourquoi se rendre au théâtre si c’est pour fermer les yeux ? Alors je les rouvris. Je retrouvai Roméo dans la même position où je l’avais laissé, une main sur le cœur, l’autre levée vers sa bien-aimée jouquée sur son faux balcon.

Michel Tremblay, La nuit des princes charmants, p.66

Mon Larousse reste bien évidemment muet, mais le contexte est clair, d’autant que de juché à jouqué, la ressemblance est flagrante. Et de fait, le Dictionnaire québecois nous confirme :

Jouquer : Verbe propre au langage populaire québécois. Il correspond à l’acte de se hisser vers le haut, de se jucher sur quelque chose en hauteur.

Mais le plus surprenant, c’est qu’il ne s’agit pas d’un mot spécifique au Québec ! En effet, en Anjou, le jouc désigne le perchoir des poules. Et donc, par extension, en patois angevin, jouquer signifie être perché, être juché sur une échelle, une chaise…

Dans le même ordre d’idée, le Wiktionnaire nous apprend que :

En Haute-Normandie et plus précisément dans le Pays de Bray, le verbe « se jouquer » veut dire aller se coucher. On dira : « J’m’en vas me jouquer » ou « j’m’en vas au jouc. En fait, ce terme vient des poules qui, quand elle vont dormir, vont se jouquer (se jucher) sur leur perchoir.