Incipit 009

Bon d’accord, sur les huit premiers incipits proposés, un seul (jusqu’à présent !) a été suivi d’un billet chroniquant le roman correspondant… Mais j’espère bien être plus régulier à partir d’aujourd’hui ! Pour vous mettre sur la piste, mai est Mois Italien chez Martine !

C’est le 15 juin 1767 que Côme Laverse du Rondeau, mon frère, s’assit au milieu de nous pour la dernière fois. Je m’en souviens comme si c’était hier. Nous étions dans la salle à manger de notre villa d’Ombreuse ; les fenêtres encadraient les branches touffues de la grande yeuse du parc. Il était midi ; c’est à cette heure-là que notre famille, obéissant à une vieille tradition, se mettait à table ; le déjeuner au milieu de l’après-midi, mode venue de la peu matinale Cour de France et adoptée par toute la noblesse, n’était pas en usage chez nous. Je me rappelle que le vent soufflait, qu’il venait de la mer et que les feuilles bougeaient.

Incipit 008

Et pour terminer ces Incipits programmés, une dernière auteure belge 😉 :

Ils ont dû être contents d’avoir une lettre de camionneur, au Journal des Familles. Ce n’est pas souvent que ça doit leur arriver. J’ai écrit: «L’autre jour, sur l’autoroute, un chien abandonné courait le long du terre-plein central. C’est très dangereux, ça peut créer un accident mortel.» J’ai pensé, après l’avoir écrit, que «créer» n’était peut-être pas le bon mot, puis je l’ai laissé parce que je n’en trouvais pas de meilleur, et que créer, c’est mon boulot, bien que j’aie ajouté: «Mon boulot, c’est camionneur».

Incipit 007

Encore une auteure belge !

« Cinq heures… Il va bientôt rentrer… » se dit Elisa. Et voilà qu’à cette idée elle ne peut plus rien faire.
Elle a frotté, lavé, fourbi durant toute la journée, elle a préparé une soupe épaisse pour le dîner – ce n’est pas la coutume du pays de manger lourdement le soir, mais c’est nécessaire pour lui qui, à l’usine, ne déjeune que de tartines aux oeufs. Et maintenant, ne fût-ce que pour mettre le couvert, ses bras s’engourdissent et retombent inertes le long de son corps. Un vertige de tendresse la fige, immobile et haletante, accrochée des deux mains à la barre de nickel du fourneau.

Incipit 006

Toujours le Mois Belge, avec un deuxième roman pour l’auteur de l’Incipit 3 😉 :

Vendredi 7 novembre. Concarneau est désert. L’horloge lumineuse de la vieille ville, qu’on aperçoit au-dessus des remparts, marque onze heures moins cinq.
C’est le plein de la marée et une tempête du sud-ouest fait s’entrechoquer les barques dans le port. Le vent s’engouffre dans les rues, où l’on voit parfois des bouts de papier filer à toute allure au ras du sol.

Incipit 005

Retour au Mois Belge, et cette fois avec une auteure :

La scène inaugurale se déroule à Paris, en face de la gare du Nord, dans le café qui se dénomme, ambitieusement, Brasserie de l’Europe. C’est chrome, plastique et moleskine, un décor propre à faire éclore la neurasthénie dans l’âme de toute personne qui commettrait l’imprudence de le regarder. Il est un peu plus d’une heure. Certains clients mangent un oeuf à la russe, d’autres des sandwiches. Aline Berger, trente-cinq ans, lit, assise devant une eau minérale dont elle prend régulièrement quelques gorgées. On n’annonce que vingt minutes avant le départ à quel quai trouver son train et Aline n’aime pas attendre dans le grand hall disproportionné et bruyant où elle n’es jamais sûre qu’elle pourra s’asseoir.

Incipit 004

Petite infidélité au Mois Belge : il s’agit ici d’un auteur français. Qui plus est, ce roman, il y a déjà quelques semaines que je l’ai lu, mais je n’avais pas encore pris le temps de le chroniquer. Mais je me dois de le faire, pour compléter ma première ligne du Petit Bac 2018, catégorie ART. A vous de trouver auteur et titre 😉 !

La rue est déserte. Pourtant, l’air est encore doux. Les soirées et les nuits restent fraîches, mais elles se gorgent de plus en plus de la tiède luminosité du jour. C’est un soir de mai, début mai, au crépuscule tendre.
La journée du dimanche s’achève. Les ombres s’allongent et s’étirent avec la mélancolie d’un week-end qui, déjà, s’enfuit de cette petite banlieue pavillonnaire en périphérie de la capitale.

Incipit 003

Partant une semaine en vacances en Algarve, et n’étant pas sûr de la connexion Internet dont je pourrai profiter (ni de ma motivation 😉 ), j’ai programmé une série de billets, faisant notamment la part belle aux incipits : vous découvrirez ainsi les cinq prochains livres que je vais lire. Voici donc le premier, d’un auteur belge bien évidemment – Mois Belge oblige – , et pas le moindre ! Trouverez-vous l’auteur et le titre de ce roman ?

Dans le flot de voyageurs qui coulait par saccades vers la sortie, elle était la seule à ne pas se presser. Son sac de voyage à la main, la tête dressée sous le voile de deuil, elle attendit son tour de tendre son billet à l’employé, puis elle fit quelques pas.
Quand elle avait pris le train, à Bruxelles, il était six heures du matin et l’obscurité était lourde de pluie glacée. Le compartiment de troisième classe était mouillé lui aussi, plancher mouillé sous les pieds boueux, cloisons mouillées par une buée visqueuse, vitres mouillées, dedans et dehors. Des gens aux vêtements mouillés sommeillaient.

Incipit 002

J’ai donc donné hier, indirectement, la réponse au premier incipit. Il est dès lors temps de vous proposer une deuxième énigme :

C’est moi qui l’ai trouvée. Mamie Grababelle était assise dans son rocking-chair, la tête légèrement penchée sur son épaule gauche, les doigts osseux crispés sur le large cache-poussière fleuri. Ses cheveux gris étaient tout collés contre son crâne, là où le sang avait séché. Elle était immobile, tout ce qu’il y a de plus calme. Tout ce qu’il y a de plus morte.

Un indice ? C’est une lecture pour le Mois Belge 😉 ! Et même si ce n’est pas très connu, c’est très facile !

Incipit 001

J’ai décidé de ne plus mettre les premières phrases des livres lus dans le billet consacré à l’oeuvre, mais d’en faire plutôt un billet à part entière et de le présenter sous forme d’une énigme : saurez-vous retrouver le titre et l’auteur du livre avant que je n’en publie la critique ?

Allez, un petit indice pour cette première énigme : il s’agi.t.ra de ma dernière participation (pour 2018) au Mois de l’Europe de l’Est : Continuer la lecture de « Incipit 001 »