Comparaison 003

Il me semble qu’il y a longtemps que je ne vous ai plus proposé de comparaisons, alors pour me faire pardonner, je vous en propose trois pour le prix d’une, trois dans un seul paragraphe. Bon, la première n’est pas vraiment une comparaison et ne méritait pas d’être citée. La deuxième n’est pas mal, mais je trouve que la troisième vaut le détour ! Bien que je ne vois pas exactement, ici, à quoi correspond le terme totem

Soudain, un rat, gros comme une loutre, sa fourrure trempée, bondit sur le sentier devant moi, manquant de se cogner à ma roue avant toute neuve de chez Cyclorama. Je poussai aussitôt un cri involontaire d’horreur et de peur, et le rat complètement paniqué dérapa et fila comme une voiture de rallye qui aurait perdu le contrôle, manifestement beaucoup plus terrifié que moi. Il effectua deux tonneaux, se remit sur ses pattes et replongea dans les taillis, des feuilles, des brindilles et des cailloux collés à son dos comme des totems à la robe de mariée d’une épouse mexicaine.

Stephen Fry – Le faiseur d’histoire – p. 581

Comparaison 002

Il est temps pour moi de vous proposer une deuxième comparaison !

Pour moi, les gens âgés représentaient une espèce à part, au même titre que les moineaux ou les renards. […] Les plus grands organes sont aussi les plus atteints : la peau des vieux devient trop grande pour eux. Elle pendouille sur leurs os, comme un blazer d’uniforme scolaire acheté une taille au-dessus pour durer plus longtemps.

Ian McEwan – Opération Sweet Tooth – p. 38

Petite précision : dans le roman, le personnage à l’origine de cette comparaison n’a que cinquante-quatre ans ! Moi qui en ai soixante-deux, je n’ose plus me regarder dans un miroir 😉 !

Comparaison 001

Je viens de me rendre compte que je ne vous avais encore proposé aucune comparaison. C’est pourtant un de mes passe-temps favoris : collectionner les comparaisons, poétiques, farfelues ou absconses, rencontrées au hasard de mes lectures. C’est donc finalement Magda Szabo qui inaugurera cette rubrique, avec une comparaison particulièrement parlante :

Elle n’avait plus ni père, ni mère. Iza se répéta la phrase, expérimenta l’effet que produit une sensation aussi inconnue, comme on teste sur le gras du pouce le tranchant d’un couteau fraîchement aiguisé.

Magda Szabo – La ballade d’Iza – p. 218