Chet Baker : My Funny Valentine

Un peu de jazz pour rafraîchir l’atmosphère orageuse 😉 ?

Environ une heure plus tard, après nous être changés pour sortir, nous buvions notre chablis en écotant « My Funny Valentine » de Chet Baker, cet homme qui chantait comme une femme. S’il y avait du be-bop dans ses solos de trmpette, c’était doux et tendre. Je crus même pouvoir me mettre à aimer le jazz.

Ian McEwan, Opération Sweet Tooth, p. 276

My Funny Valentine est une chanson de Richard Rodgers et Lorenz Hart, tirée de la comédie musicale américaine Place au rythme (Babes in Arms) de 1937. Après avoir été enregistrée par Chet Baker, Frank Sinatra et Miles Davis, la chanson est devenue un standard de jazz populaire, apparaissant sur plus de 1 300 albums de plus de 600 artistes !

Chet Baker a donc été le premier à l’enregistrer, en 1952. Je vous propose une version en public (à Turin) datant de 1959. Il existe une autre superbe version en public, à Tokyo, mais elle date de 1987, environ 11 mois avant son décès (accidentel ?). Mais vous la proposer aurait été anachronique, puisque le roman de Ian McEwan se déroule dans les années 70. En route donc pour Turin 😉 !

Comparaison 002

Il est temps pour moi de vous proposer une deuxième comparaison !

Pour moi, les gens âgés représentaient une espèce à part, au même titre que les moineaux ou les renards. […] Les plus grands organes sont aussi les plus atteints : la peau des vieux devient trop grande pour eux. Elle pendouille sur leurs os, comme un blazer d’uniforme scolaire acheté une taille au-dessus pour durer plus longtemps.

Ian McEwan – Opération Sweet Tooth – p. 38

Petite précision : dans le roman, le personnage à l’origine de cette comparaison n’a que cinquante-quatre ans ! Moi qui en ai soixante-deux, je n’ose plus me regarder dans un miroir 😉 !

Les pavés de l’été 2018

Voici que Juin est bien avancé et le Mois Anglais va bientôt se terminer 🙁 … Il me reste La fille d’avant à chroniquer et Le chagrin des vivants à achever de lire. S’il me reste un peu de temps, je voudrais encore lire Opération Sweet Tooth, qui traîne dans ma PAL depuis trop longtemps. Mais il faut préparer la suite ! Après l’Europe de l’Est, l’Italie, la Belgique et l’Angleterre, vers quelles contrées s’embarquer pour le temps des vacances ? Rien à l’horizon ? Alors, changeons notre fusil d’épaule : le défi ne sera plus géographique mais se comptera en nombre de pages ! En route donc pour le challenge Pavé de l’été organisé par Sur mes brizées. Le principe est simple : lire un (ou des) volume(s) d’au moins 600 pages 😉 ! Vite, un petit tour dans ma PAL, et je trouve (entre autres) :

  • L’équilibre du monde de Rohinton MISTRY (882 p) : un fameux pavé celui-là !
  • La disparition de Stéphanie Mailer de Joël DICKER (635 p) : un thriller qui ne devrait pas me poser trop de problèmes, d’autant que j’adore Joël Dicker.

Oui, mais voilà, en réponse à mon billet sur Le son du cor, Rachel me conseille un autre roman bâti sur une victoire des nazis lors de la Seconde Guerre mondiale. Et justement, il se trouve disponible à la bibliothèque. Pour faire bonne mesure, j’ajouterai donc :

  • Le faiseur d’histoire de Stephen FRY (645 p.)

Voilà, l’été sera chaud 😉 !

David Wark Griffith : Le lys brisé

Elles ont toutes les deux vu Le lys brisé, trois fois, et elles auraient pu encore le voir davantage, là-bas dans le grand cinéma de Broadway, assises au milieu des peaux d’oranges sucées et des coques de cacahuètes, se pâmant tandis que Lillian Gish tombait amoureuse du Chinois, fumait de l’opium, se faisait tabasser par son père et mourait.

Anna Hope, Le chagrin des vivants – p. 170

Je ne me souviens plus d’avoir regardé de film en Noir et Blanc, encore moins muet… De plus, à chaque fois, c’était un film comique : Chaplin, Buster Keaton, etc. C’est une expérience qui me manque : un mélodrame muet, comme Le lys brisé . Je vous propose ci-dessous un court extrait sous-titré en français, mais le film entier (en version anglaise, je parle des commentaires, puisque c’est un film muet) est disponible ici. Dès que j’aurai un peu de temps, je le visionnerai. Notez que que si le film est muet, cela ne veut pas dire silencieux : la bande son est impressionnante !

Dernière petite remarque : le film date de 1919 et l’histoire du Chagrin des vivants se déroule en 1920 : Anna Hope a bien travaillé sa recherche documentaire !

 

The show must go on

Shame on me!

Avril, mois belge : 8 romans lus, aucun billet publié 🙁

Mai, mois italien : 3 romans lus, aucun billet publié 🙁

And now, ladies and gentlemen, in june, the show must go on 🙂 !

Oui, vous m’avez bien compris, j’ai décidé de ne pas baisser les bras et de m’inscrire à un troisième mois thématique, je veux bien sûr parler du fameux Mois Anglais, organisé par Cryssilda et Lou. Figurez vous que c’est déjà la 7ème édition !

Billets libres, lectures communes, comme chaque année il y en aura pour tous les goûts. Le seul mot d’ordre: fêter l’Angleterre sur nos blogs. Alors, bien évidemment, comme chaque année, une foultitude de rendez-vous sont programmés : la liste complète est disponible chez Cryssilda et Lou. En ce qui me concerne, avec la fin de l’année scolaire et son cortège de corrections et de délibérations, je me suis limité à quelques propositions : si je relève ce défi, je serai déjà very happy 😉  !

  • 5 juin : RDV SF / fantasy / surnaturel
  • 7 juin : Lecture en VO
  • 12 juin : Let’s meet Agatha
  • 16 juin : Un roman de J.P. Delaney
  • 20 juin : Anna Hope
  • 25 juin : Un classique (XIXe ou avant)
  • et un petit dernier pour la route, s’il me reste du temps

Ce qui donne dans l’ordre :

                 

Incipit 009

Bon d’accord, sur les huit premiers incipits proposés, un seul (jusqu’à présent !) a été suivi d’un billet chroniquant le roman correspondant… Mais j’espère bien être plus régulier à partir d’aujourd’hui ! Pour vous mettre sur la piste, mai est Mois Italien chez Martine !

C’est le 15 juin 1767 que Côme Laverse du Rondeau, mon frère, s’assit au milieu de nous pour la dernière fois. Je m’en souviens comme si c’était hier. Nous étions dans la salle à manger de notre villa d’Ombreuse ; les fenêtres encadraient les branches touffues de la grande yeuse du parc. Il était midi ; c’est à cette heure-là que notre famille, obéissant à une vieille tradition, se mettait à table ; le déjeuner au milieu de l’après-midi, mode venue de la peu matinale Cour de France et adoptée par toute la noblesse, n’était pas en usage chez nous. Je me rappelle que le vent soufflait, qu’il venait de la mer et que les feuilles bougeaient.

Io arrivo !

Je dirais même plus, à l’instar de notre grand Jacques :

J’arrive, bien sûr, j’arrive
N’ai-je jamais rien fait d’autre qu’arriver ?

En effet, j’ai la détestable habitude de lire (pas mal), mais de ne pratiquement pas chroniquer mes lectures 🙁 … Ah, procrastination, quand tu nous tiens ! Je viens de faire rapidement un petit bilan depuis le début de l’année : j’ai dix-huit (18 !) billets en retard 🙁 🙁 … Alors, c’est bien beau de s’inscrire à des challenges, mais j’ai encore trois billets à écrire pour le Mois de l’Europe de l’Est (mars) et huit pour le Mois Belge (avril).

Qu’à cela ne tienne, je m’inscris au challenge du Mois Italien organisé par Martine 🙂 ! J’espère juste être plus régulier… Alors, bien sûr, il y a des tas de propositions alléchantes, mais en ce qui me concerne, je serai déjà bien content si je publie quatre ou cinq billets d’ici la fin du mois ! Continuer la lecture de « Io arrivo ! »

Sarah Berti

Et dire que je ne connaissais pas Sarah Berti !

Dans le cadre du Mois Belge, j’ai mis de l’ordre dans mes caisses de bouquins qui prennent les poussières au grenier, et suis retombé sur Qui a tué Mamie Grababelle ?, ouvrage gagné à un concours au début du XXIe siècle et que j’avais jusqu’ici négligé. L’occasion de le lire (billet demain) et donc de découvrir une auteure belge.

Pour la découvrir, l’essentiel de ses romans ayant paru aux Éditions Mols, je me permets de reprendre la présentation qu’en fait cette maison d’édition sur son site Internet :

Née en 1974, elle écrit ses premiers textes très tôt et dès l’adolescence, elle fait partie des lauréats du Prix Liège Jeunes Auteurs. En 2000, elle reçoit le Prix du Parlement de la communauté française et le Prix Fureur de Lire. Son premier roman Un amour… reçoit le coup de cœur du jury du prix Jean Muno. Elle publie ensuite deux romans pour la jeunesse, dont Qui a tué Mamie Grababelle ?, nominé pour le Prix Farniente.

Nouvelliste, elle propose de nombreux textes courts qui remportent diverses récompenses en Belgique et à l’étranger (Prix de la Fondation Plisnier, Grand Prix de l’Eau Noire, Nouvelle de Talant, deux fois le grand prix de littérature policière de Liège…). Une quinzaine de ces textes primés sont publiés en 2008 dans un recueil intitulé Casa nostra.

C’est que Sarah Berti a l’art de scruter notre époque et les âmes avec une sorte de dérision acerbe et touchante, qui souligne peut-être ici l’urgence de certains changements dans le monde…

Voilà une bi(bli)ographie impressionnante !