Incipit 005

Retour au Mois Belge, et cette fois avec une auteure :

La scène inaugurale se déroule à Paris, en face de la gare du Nord, dans le café qui se dénomme, ambitieusement, Brasserie de l’Europe. C’est chrome, plastique et moleskine, un décor propre à faire éclore la neurasthénie dans l’âme de toute personne qui commettrait l’imprudence de le regarder. Il est un peu plus d’une heure. Certains clients mangent un oeuf à la russe, d’autres des sandwiches. Aline Berger, trente-cinq ans, lit, assise devant une eau minérale dont elle prend régulièrement quelques gorgées. On n’annonce que vingt minutes avant le départ à quel quai trouver son train et Aline n’aime pas attendre dans le grand hall disproportionné et bruyant où elle n’es jamais sûre qu’elle pourra s’asseoir.

Incipit 004

Petite infidélité au Mois Belge : il s’agit ici d’un auteur français. Qui plus est, ce roman, il y a déjà quelques semaines que je l’ai lu, mais je n’avais pas encore pris le temps de le chroniquer. Mais je me dois de le faire, pour compléter ma première ligne du Petit Bac 2018, catégorie ART. A vous de trouver auteur et titre 😉 !

La rue est déserte. Pourtant, l’air est encore doux. Les soirées et les nuits restent fraîches, mais elles se gorgent de plus en plus de la tiède luminosité du jour. C’est un soir de mai, début mai, au crépuscule tendre.
La journée du dimanche s’achève. Les ombres s’allongent et s’étirent avec la mélancolie d’un week-end qui, déjà, s’enfuit de cette petite banlieue pavillonnaire en périphérie de la capitale.

Incipit 003

Partant une semaine en vacances en Algarve, et n’étant pas sûr de la connexion Internet dont je pourrai profiter (ni de ma motivation 😉 ), j’ai programmé une série de billets, faisant notamment la part belle aux incipits : vous découvrirez ainsi les cinq prochains livres que je vais lire. Voici donc le premier, d’un auteur belge bien évidemment – Mois Belge oblige – , et pas le moindre ! Trouverez-vous l’auteur et le titre de ce roman ?

Dans le flot de voyageurs qui coulait par saccades vers la sortie, elle était la seule à ne pas se presser. Son sac de voyage à la main, la tête dressée sous le voile de deuil, elle attendit son tour de tendre son billet à l’employé, puis elle fit quelques pas.
Quand elle avait pris le train, à Bruxelles, il était six heures du matin et l’obscurité était lourde de pluie glacée. Le compartiment de troisième classe était mouillé lui aussi, plancher mouillé sous les pieds boueux, cloisons mouillées par une buée visqueuse, vitres mouillées, dedans et dehors. Des gens aux vêtements mouillés sommeillaient.

Synchronicités

J’aime beaucoup la notion de synchronicité, elle m’a toujours fasciné. (Wiktionnaire : Occurrence simultanée d’au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l’association prend un sens pour la personne qui les perçoit.)

Deux exemples, qui datent de seulement trois jours, le jour de mon anniversaire. D’une manière générale, je suis interpellé par le temps qui passe, toujours trop vite, au point que j’en manque cruellement, si bien que je vais rarement au bout de mes projets. (Bon d’accord, ma procrastination n’est pas non plus étrangère à ce problème, mais c’est là un autre problème 🙁 ). Toujours est-il que le jour de mon anniversaire, j’étais encore plus obsédé par ce problème de temps. Continuer la lecture de « Synchronicités »

Incipit 002

J’ai donc donné hier, indirectement, la réponse au premier incipit. Il est dès lors temps de vous proposer une deuxième énigme :

C’est moi qui l’ai trouvée. Mamie Grababelle était assise dans son rocking-chair, la tête légèrement penchée sur son épaule gauche, les doigts osseux crispés sur le large cache-poussière fleuri. Ses cheveux gris étaient tout collés contre son crâne, là où le sang avait séché. Elle était immobile, tout ce qu’il y a de plus calme. Tout ce qu’il y a de plus morte.

Un indice ? C’est une lecture pour le Mois Belge 😉 ! Et même si ce n’est pas très connu, c’est très facile !

Leo Perutz

Je me demande parfois pourquoi j’ai tendance à m’inscrire à tant de challenges littéraires, à me mettre inutilement la pression, alors que ma PAL atteint désormais une hauteur rédhibitoire… Bon d’accord, souvent, je trouve justement dans cette PAL de quoi alimenter mes lectures imposées. Mais c’est parfois plus difficile, et je dois aller en bibliothèque chercher ce qui me manque cruellement. Il en a ainsi été avec le Mois de l’Europe de l’Est : je n’avais en stock que deux Dostoïevski et un Nabokov (que j’ai lus, mais qu’il me reste à chroniquer). Trop peu : j’ai donc « découvert » Magda Szabo (dont j’avais déjà lu La porte), ainsi que Ismaïl Kadaré et Nina Berberova, que je connaissais de nom.

Et puis là, la claque ! En lisant les billets publiés dans le cadre de ce challenge, je découvre un article élogieux concernant un roman de Leo Perutz… Jamais entendu parler… Par curiosité, j’ai emprunté La troisième balle (que je chroniquerai après-demain), et c’est le coup de cœur ! Comment ai-je donc pu ne jamais avoir entendu parler de cet auteur ?

Pourtant, la quatrième de couverture parle d’un écrivain majeur du XXe siècle européen ! Le plus amusant, c’est ce qu’il partage avec Franz Kafka (lui, au moins, je le connaissais) :

  • Ils sont tous les deux nés à Prague, Leo en 1882, Franz en 1883.
  • En 1907, ils ont tous deux travaillé pour la compagnie d’assurances italienne Assicurazioni Generali, mais je ne sais pas s’ils se alors côtoyés.

Leo Perutz, qui a toujours aimé la littérature, a toutefois d’abord entamé un parcours plus scientifique, puisque après des études de mathématiques, il écrit un traité de bridge fondé sur le calcul des probabilités… Sans doute est-ce ce qui explique la construction narrative parfaitement maîtrisée de son premier roman.

En 1914, il est blessé sur le front Est de la Première Guerre mondiale. De retour à Vienne, il publie son premier ouvrage, La Troisième Balle, premier roman caractéristique de son style. Si c’est vraiment caractéristique de son style, alors je veux en lire d’autres !

Ses livres commencent à rencontrer quelque succès : Le Maître du Jugement dernier, publié à Munich en 1923, est traduit en français dès 1925, et Le Marquis de Bolibar paraît chez Albin Michel en 1930 ; c’est ce roman historique et fantastique qui le fait connaître au public français.

Il meurt le 25 août 1957.

Pour plus de détails sur sa biographie, je vous renvoie à Wikipedia 😉 .

Objectifs 2018 – Suivi #02

A l’occasion de mon anniversaire, il est temps, je pense, de faire un deuxième suivi de mes objectifs 2018, , question de me rebooster ! Il faut dire que le mois de mars a été particulièrement peu « productif » : entre les nombreuses répétitions (je participais à la mi-mars à une pièce de théâtre) et les rhinites-sinusites-trachéites à répétition, je ne me suis guère montré courageux, sinon en lecture… Continuer la lecture de « Objectifs 2018 – Suivi #02 »

Incipit 001

J’ai décidé de ne plus mettre les premières phrases des livres lus dans le billet consacré à l’oeuvre, mais d’en faire plutôt un billet à part entière et de le présenter sous forme d’une énigme : saurez-vous retrouver le titre et l’auteur du livre avant que je n’en publie la critique ?

Allez, un petit indice pour cette première énigme : il s’agi.t.ra de ma dernière participation (pour 2018) au Mois de l’Europe de l’Est : Continuer la lecture de « Incipit 001 »