succotash

Au dîner, ils mangèrent les steaks au barbecue de Denny et le succotash maison de Nora. La cuisine de Nora était assez rustique ; le succotash ne faisait pas partie des habitudes culinaires de la famille.

Anna Tyler, Une bobine de fil bleu, p.134

Je ne connaissais pas le succotash, et mon Larousse non plus… Bon, le contexte est clair : il s’agit d’un plat rustique ! Mais encore ?

Dès lors, direction Internet. Cette fois, c’est Wikipedia qui vient à mon secours : il s’agit d’un plat de la cuisine américaine dont les principaux ingrédients sont les haricots de Lima et le maïs, éventuellement accompagnés de morceaux de viande ou de poisson salés.

Rentrer

Quoi ? Plus aucun billet depuis le 16 juillet ? Est-ce possible ?

Accusé, qu’avez-vous à dire pour votre défense ?

Dans un premier temps, je suis parti deux semaines en vacances à l’étranger, période pendant laquelle la carte wifi de mon portable a choisi de se faire la malle. Normal, elle aussi avait besoin d’un peu déconnecter ! De retour (vers le 4 août), j’ai été très pris par la préparation de quelques cours particuliers, que j’avais accepté de donner, alors que je connaissais très mal la matière (algèbre financière)… Ensuite, après le 15 août, ce fut la folle sarabande des examens à surveiller, à corriger, puis les interminables délibés… Bref, je plaide coupable, mais avec circonstances atténuantes.

Quoi qu’il en soit, pour me faire pardonner, j’ajoute un verbe à ma collection : rentrer. Au pied de la lettre (en l’occurrence, un r) : entrer à nouveau dans un lieu où l’on était déjà entré, mais duquel on était sorti. Rentrée scolaire, ce matin, pour beaucoup de jeunes enfants en âge de maternelles ou d’école primaire. Cinq de mes petits-enfants étaient dans ce cas. Mais le sixième (deux ans et demi) allait aujourd’hui pour la première fois à l’école. Peut-on encore, dans ce cas, parler de rentrée ? Quant à moi, c’est bien d’une rentrée qu’il s’agit. J’ai renoncé, pour ne pas déprimer, à les compter, je sais seulement qu’il s’agit de l’avant-dernière 🙂 ! Je ne sais par ailleurs pas pourquoi j’ai ajouté un smiley : même si cette prise de pension anticipée (de deux ans) en 2019 est un choix personnel, je ne peux m’empêcher de vivre l’approche de cette prochaine étape comme un signe tangible de mon avancée en âge. Ah, comme le chantait le grand Jacques, mourir la belle affaire, mais vieillir ! Mais assez pleurniché : gémir n’est pas de mise (je suis fidèle dans mes sources d’inspiration), pas plus aux Marquises qu’ici.

Revenons donc à nos rentrées. Mais non, pas d’argent ! Je veux parler de la charge symbolique que porte la notion de rentrée, cette impression que l’on remet les compteurs à zéro et que tout est de nouveau possible ! D’ailleurs, je crois beaucoup plus aux bonnes résolutions du premier septembre qu’à celles du premier janvier… C’est ainsi qu’en ce jour de rentrée, je prends la résolution de tenir régulièrement ce blog 😉 !

Et puis, il y a bien sûr la rentrée littéraire ! Mais qui rentre à nouveau dans quel lieu ? Le lecteur chez le libraire ? Ou les livres dans mon salon ? Allons, foin d’arguties ! C’est avec grand plaisir que je m’inscris au challenge organisé par Sophie Hérisson : son objectif est de lire, d’ici le 31 janvier 2018, 1% de la rentrée littéraire. Faites vos comptes : puisque le nombre officiel de livres sortis dans le cadre de cette rentrée 2017 est de 581, il faut lire 6 livres. Soit un livre par mois. Cela me semble raisonnable, isn’t it ?

Leonard Cohen : Suzanne

Et là, dans le bruit et les embouteillages, au bout d’un fil très court qui me retenait encore à une enfance très éloignée, quelques accords de guitare.

Quelques notes et la voix parfaite, rauque et un peu traînante, de Leonard Cohen.

Suzanne takes you down to her place near the river
You can hear the boats go by
You can spend the night beside her
And you know that she’s half crazy…

– Ça va mieux ?

But that’s why you want to be there.

Je hochai la tête, en petit garçon capricieux.

Anna Gavalda, La consolante, p.24

Moi aussi, quand j’étais jeune (et encore maintenant 😉 !) j’aimais beaucoup Leonard Cohen.

enquiller

Au bout de quelques rues silencieuses, chacune de mes questions semblant l’accabler plus encore que la précédente, elle tripota son iPod et enquilla ses écouteurs.

Anna Gavalda, La consolante, p.24

Je ne connaissais pas enquiller, mais ce verbe ne me semblant pas particulièrement exotique, j’ai été surpris de ne pas le trouver dans mes Larousse.

Dès lors, direction Internet. Et là, surprise, sur le site de Larousse, ce verbe est repris… Mon dictionnaire de 2007 commencerait-il à être obsolète ? Mais, nouvelle surprise, la définition proposée (enchaîner, accumuler) ne semble pas correspondre au contexte de l’extrait…

Dans mes recherches de mots inconnus, le site du CNRTL m’est souvent d’un grand secours. Mais les surprises continuent ! On n’y parle d’abord que d’un usage intransitif (entrer) ou pronominal réfléchi (s’introduire). Ce n’est qu’en remarque que le site parle également d’un emploi transitif, au sens de mettre, enfiler, avec comme exemple « enquiller son froc » . On retrouve bien le sens général d’entrer dans. Il me semble donc que dans l’extrait de Anna Gavalda, il y a inversion de sens : le personnage met ses écouteurs dans ses oreilles et non l’inverse. Probablement par extension du sens de mettre ?

Ajout du 11 juillet : sur Reverso, on trouve également mettre en place dans son logement, ce qui semble correspondre à l’utilisation qu’en fait Anna Gavalda.

Entropie

Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est l’entropie (voir mon billet d’hier), il s’agit d’une grandeur qui permet d’évaluer la dégradation de l’énergie d’un système. Elle caractérise le degré de désordre de ce système.

En l’occurrence, c’est moi le système, et mon énergie est anormalement dégradée. Quant au degré de désordre de mon bureau, il est particulièrement élevé. Et inversement proportionnel à mon moral.

Le problème, entre autres, c’est mon éparpillement dans de trop nombreuses activités, de surcroît pas toujours épanouissantes. Il faut que je profite de ce début de vacances pour faire le ménage dans tout cela. Et tant pis si, au bout du compte, ce blog est emporté par mon grand coup de balai.

Urgence absolue

Nécessité absolue de reprendre ma plume de diariste
De la plonger à nouveau dans l’encre de ma vie
Vie parfois noire comme de l’encre
Je fictionne
Ma vie est loin d’être si noire que je la peins
Mais la vie est ce que l’on en fait.

Sensation du temps qui file
Comme le sable entre les doigts
La main brusque se referme sur le vide
A peine le temps de penser au présent
Qu’il est déjà du passé dépassé
Le futur m’angoisse
Mourir cela n’est rien
Mourir la belle affaire
Mais vieillir
Pardon Jacques
Tu l’as si bien chanté que je n’ai pu résister.

Urgence absolue
Identifier les pertes de temps inadmissibles
Ne rien faire est admissible
Faire de l’inutile ne l’est pas
Cesser d’augmenter l’entropie de mon existence
Absolument.

Insomnies partagées

Lovés
Imbriqués
Corps moites et transpirant
L’amour nous rapproche
La chaleur nous éloigne
Insomnies partagées
Le désir
Le plaisir
Ont fuit sans espoir de retour
Et les mêmes ruminations comme toujours
Le jour point
De sommeil encore point
Les prochaines heures se vivront fatigués
Je m’arrache à ton étreinte
Pour jeter ces mots sur le papier
Nous n’en dormirons pas mieux pour autant