Hélicicide (07)

Cet avant-dernier épisode aurait dû participer au jeu de l’été  chez Miletune, mais voilà, j’ai pris le défi en retard, et il est aujourd’hui terminé. J’ai toutefois, pour le fun, gardé le septième incipit, tiré de Le monde inverti de Christopher Priest. Quand j’ai commencé ce feuilleton, l’idée de départ m’a été soufflée par le sujet Histoire d’escargot des Impromptus Littéraires. Hélas, l’escargot a pris, et c’est normal, beaucoup de retard. Alors, c’est le thème suivant que j’ai retenu (qui se termine aujourd’hui) : Cahier de vacances. Voici donc un extrait du cahier de vacances que notre inspecteur préféré a acheté pour la venue de son petit-fils.

J’avais atteint l’âge de mille kilomètres.

Nous sommes bien d’accord : cette phrase n’a aucun sens… Il est important de maîtriser les unités de mesure, mais il faut d’abord ne pas faire de confusions, et de bien associer les unités de mesure aux grandeurs correspondantes. Par exemple, le kilomètre est une mesure d’espace, et non de temps. Bon, d’accord, vous avez déjà peut-être entendu parler d’espace-temps, mais c’est bien trop compliqué pour des élèves de votre âge.

Mais en ce qui concerne la mesure de l’âge, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos escargots. La durée de vie des escargots varie selon les espèces. Dans la nature, les Achatinidae vivent de cinq à sept ans alors que les Helix dépassent rarement l’âge de trois ans. Leur mort est souvent due à des prédateurs ou à des parasites. En captivité, leur longévité est bien plus longue et va de dix à quinze ans pour la plupart des espèces. Certains escargots ont vécu plus de trente ans. (Wikipedia)

Mathématique

Nous vous proposons maintenant un petit exercice de calcul. Sachant que la vitesse moyenne d’un escargot adulte est d’un millimètre par seconde, calculez la distance qu’il parcourt en une minute.

Effectuons maintenant un calcul dans l’autre sens : combien de temps faudrait-il à un escargot pour parcourir la distance de mille kilomètres ? Est-ce compatible avec la durée de vie moyenne d’un escargot ?

Lecture silencieuse

Après avoir attentivement lu le texte ci-dessous, répondez aux questions suivantes :

  1. Comment se procure-t-on des escargots ?
    • on les ramasse
    • on les cueille
    • on les récolte
    • on les pêche
    • on les chasse
    • on les court
  2. Quel est l’autre nom que l’on donne au mucus de l’escargot ?
  3. Dans le cas d’un élevage d’escargots, citez trois plantes qu’il faut éviter de leur donner à manger. Pour quelle raison ?

L’escargot, comme la plupart des espèces animales ou végétales sauvages, comporte de nombreuses appellations, variables selon les régions. Si l’on s’en tient à l’espèce Helix pomatia, on parle tantôt d’escargot, de limaçon, de colimaçon, de « gros blanc », de « bourgogne » pour les plus connues. Mais la particularité de cet animal réside avant tout dans la difficulté de qualifier le type de prélèvement. En quel terme désigne-t-on l’acte qui consiste à l’extraire de son milieu ?

Si l’on parle volontiers de ramassage, l’escargot n’est pas pour autant assimilable à une plante que l’on cueille, ni même à un surplus de récolte que l’on glane. Peut-on alors parler d’une forme de chasse ? Là aussi, le terme semble inapproprié. Non seulement le prélèvement de gastéropodes ne nécessite pas l’emploi d’une arme mais, par ailleurs, les escargots sont commercialisés par les poissonniers et les écaillers, et non par les volaillers. Cette dernière caractéristique pourrait alors laisser croire à une pêche, semblable à la récolte des coquillages sur les bords de mer. Mais là encore, il n’en est rien. Si les adeptes de cette pratique parlent volontiers de ramassage, certains d’entre eux emploient l’expression « courir les escargots ». Laquelle n’est pas sans rapport avec l’appellation escargots « coureurs », qui désigne les gastéropodes en activité, par opposition aux escargots dits « bouchés », ou « operculés », qui se maintiennent dans un état quasi-végétatif, en période hivernale. Mais cette expression pourrait également signifier la nécessité d’intervenir au moment opportun, lorsque les conditions atmosphériques favorables incitent l’escargot à sortir de sa coquille et à partir à la recherche de sa nourriture. Cette période généralement brève, implique que le ramasseur intervienne rapidement, au risque de ne plus trouver de colimaçons. Il n’en reste pas moins que le choix du verbe « courir » est pour le moins surprenant, compte tenu de la lenteur qui caractérise cet animal.

Avec l’arrivée du printemps, les escargots « renaissent » après une longue période d’hibernation. Débute alors une phase d’intense activité qui coïncide sensiblement avec la période de ramassage. Mise en place en 1979 dans le but de restaurer la population d’Helix pomatia alors menacée, cette réglementation tolère le prélèvement des gastéropodes à compter du premier juillet.

Le nettoyage des escargots « coureurs » est une opération de longue haleine, qui obéit à une succession d’étapes se déroulant sur une période de temps relativement longue : plusieurs jours voire plusieurs semaines. Elle débute par une phase de jeûne dont la durée oscille entre quinze jours et trois semaines. Les limaçons sont alors placés dans une caisse en bois aérée, ou une vieille lessiveuse munie d’un couvercle, et nettoyés à intervalles réguliers pour éliminer les déjections. La phase de jeûne achevée, les animaux sont mis à dégorger dans du sel ou du vinaigre pour éliminer le mucus, couramment dénommé bave. Ils sont ensuite lavés abondamment, puis brossés, avant d’être ébouillantés.

La phase de jeûne répond au souci d’éliminer tous les aliments contenus dans le tube digestif, et notamment les substances impropres à la consommation. Selon le biologiste J.Cadart (1975), l’ingestion de certaines plantes par les limaçons, en particulier la jusquiame, la belladone, ou encore les jeunes pousses de buis, renfermant des substances toxiques, risque, non seulement de conférer aux escargots une amertume désagréable, mais représente également un danger d’empoisonnement. Dans un ouvrage intitulé « Cuisine et chasse de Bourgogne et d’ailleurs », et paru en 1920, il est également fait allusion aux risques encourus par l’ingestion de gastéropodes immédiatement après leur récolte. « Les escargots, souligne l’auteur, sont peu difficiles sur le choix de leur nourriture. Ils consomment à l’occasion, des excréments ou des charognes et, de plus, peuvent manger impunément les plantes et les champignons les plus vénéneux. Des cas d’intoxication se sont produits à la suite de l’absorption d’escargots, peu après leur récolte (Blandin, 1920 : 28).

Source scientifique :

Fortier Agnès. De l’escargot operculé à l’escargot coureur. Pratiques culturelles liées au ramassage et à la consommation de l’Helix pomatia.  in Journal d’agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, 39ᵉ année, bulletin n°1, 1997. pp. 49-74;

https://www.persee.fr/doc/jatba_0183-5173_1997_num_39_1_3601

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