Hélicicide (04)

Pour ce nouvel épisode, j’ai donc choisi un quatrième incipit chez Miletune, tiré cette fois de Jacques le fataliste et son maître  de Diderot.

Comment s’étaient-ils rencontrés ?

Je suis persuadé que si je parviens à trouver le lien qui unit Angélique et Brodeck, j’aurai fait un grand pas dans mon enquête ! En ce qui le concerne, son accent et ses références culinaires m’indiquent la nationalité belge. Donc, premier point commun entre les deux, mais une nationalité commune, même belge, ne suffit pas à élucider une affaire policière.

Ensemble sur les bancs de l’école ? Peu plausible. A vue de nez, il doit avoir une bonne trentaine d’années, et elle une dizaine en moins. C’est vrai qu’elle est fort jeune !

Le problème – est-ce l’âge ? – c’est que je suis grillé des deux côtés. Penser à la manière dont j’ai mené cette enquête jusqu’à présent me déprime et me donne envie de prendre ma prépension. Pour autant que ce soit encore possible l’année prochaine, quand j’aurai l’âge requis.

Voilà les sombres pensées que je rumine en sirotant un deuxième côte-de-Beaune (j’y prends goût depuis que je séjourne dans la région) au buffet de la gare du Nord, en attendant le train qui me ramènera à Dijon.

Il faut bien me rendre à l’évidence : j’en suis arrivé à un point où je dois me résoudre à demander de l’aide… Bien, si mes déductions sont correctes, si Brodeck est belge, il aura certainement pris la correspondance pour Bruxelles. L’idéal serait donc de pouvoir le prendre en filature dès sa sortie du TGV.

Bingo ! Pourquoi ne pas faire appel à Pol Demeesmaker, policier belge à la retraite à qui j’ai naguère rendu moult services ? Il me doit bien ça. Evidemment, avec ma chance habituelle, il sera certainement en villégiature à l’étranger ! Mais cela ne coûte rien d’essayer.

Rebingo ! Pol était là, sans rien de prévu dans son agenda, et à l’heure actuelle il doit être à la gare, juste à temps pour filer Brodeck. Il ne me reste plus qu’à attendre de ses nouvelles.