La fille d’avant (J.P. Delaney)

La fille d’avant
(The girl before, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean Esch)

J. P. Delaney

Mazarine – 2017 (Edition originale : Ballantine Books 2017)

428 pages

Quatrième

Après un drame éprouvant, Jane cherche à tourner la page. Lorsqu’elle découvre le One Folgate Street, elle est conquise par cette maison ultra moderne, chef d’oeuvre de l’architecture minimaliste, parfaite. Mais pour y vivre, il faut se plier aux règles draconiennes imposées par son architecte, Edward Monkford, aussi mystérieux que séduisant. Parmi celles-ci : répondre régulièrement à des questionnaires déconcertants et intrusifs. Peu à peu, Jane acquiert une inquiétante certitude : la maison est pensée pour transformer celui qui y vit. Or elle apprend bientôt qu’Emma, la locataire qui l’a précédée et qui lui ressemble étrangement, y a trouvé une fin tragique.
Alors qu’elle tente de démêler le vrai du faux, Jane s’engage sur la même pente, fait les mêmes choix, croise les mêmes personnes… et vit dans la même terreur que la fille d’avant.

Incipit

« C’est un petit appartement charmant », déclare l’agent immobilier, avec un enthousiasme qui pourrait presque paraître sincère. « Vous avez tous les services à proximité. Et puis, il y a cette partie de toit privative. Vous pourriez en faire une terrasse, à condition que le propriétaire donne son accord. »

Mon avis

Commençons par évoquer l’auteur de ce roman, le mystérieux JP DELANEY. Si j’utilise mystérieux, c’est qu’il s’agit d’un pseudonyme. Sous celui-ci se cache, nous révèle la quatrième de couverture, « un écrivain qui a publié plusieurs romans à succès sous d’autres noms » . Dont acte. Mais vous aurez compris qu’il utilise plusieurs pseudos 😉 ! De qui s’agit-il ? Après une brève enquête, j’ai trouvé qu’il s’agissait de Tony Strong, auteur anglais, né en Ouganda en 1962. Je dois avouer que je ne connaissais pas plus son nom véritable que son pseudonyme. Un autre de ses pseudonymes ? Anthony Capella

Parlons maintenant du livre. Pas encore de l’oeuvre litéraire proprement dite, mais de l’objet d’une campagne marketing bien menée ! Imaginez : un « premier roman », paru en 2017, déjà traduit dans 37 pays et porté au grand écran par Ron Howard himself ! C’est pas beau ça ? Au fait, vous ai-je dit que Tony Strong travaille en tant que chef concepteur-rédacteur dans une des plus grandes agences de publicité en Angleterre ? Ceci explique peut-être cela ?

Bon, et si nous parlions maintenant litérature ? Hélas, c’est moins brillant, c’est en tout cas mon avis… Pourtant, tout avait bien commencé, avec le récit en parallèle de Emma (la fille d’avant) et de Jane (la fille de maintenant). Des chapitres courts qui entremêlent les deux histoires rendent la lecture très agréable. Au fur et à mesure, on se rend compte à quel point les deux personnages se ressemblent et surtout combien ce qui leur arrive est semblable. Le plus stressant est bien sûr la relation-passion qu’elles éprouvent toutes deux pour l’architecte de la maison qu’elles louent, mais la ressemblance devient angoissante lorsque la répétition des situations se marque même dans la répétition de certaines répliques !

Bref, même si la psychologie des personnages est assez sommaire et le style banal, on se prend au jeu et on se surprend à tourner les pages sans pouvoir s’arrêter. Malheureusement, les dernières péripéties commencent à manquer de crédibilité, et les retournements ultimes de situation, même s’ils surprennent, ne m’ont pas convaincu.

Bref, une lecture agréable, qui ne demande pas trop de concentration, mais au vu de toute le bien que j’en avais lu, une demi-déception…

L’avis d’autres blogueurs

Pour EstelleCalim, il s’agit d’un « thriller efficace, bien fichu, même si quelques petits défauts viennent parfois gâcher un peu le plaisir » . Et je partage complètement son avis concernant la fin du roman : « La dernière partie manque un peu de subtilité également. Les rebondissements sont franchement grossiers.« 

Tous les avis sont dans la nature : pour Géraldine, « la tension monte au fur et mesure, l’atmosphère devient étouffante, mais heureusement, le dénouement (on ne peut plus inattendu, c’est le but tout de même !) nous libère de tout ceci  » .

Si je trouvais la psychologie des personnages un peu sommaire, Sylire est de l’avis contraire : « L’analyse psychologique des personnages est très fine. Une belle découverte  » .

Enna aussi a beaucoup aimé !

Ailleurs sur la toile

Sur le site de l’éditeur, vous trouverez le trailer du thriller, qui met particulièrement en évidence l’aspect plus qu’inquiétant de la maison au centre de l’intrigue.

Pour Didier Jacob, dans le Nouvel Obs, il est « dommage que, dans ce livre, les deux héroïnes soient des cruches qui, sur un mot de ce bellâtre d’architecte, acceptent de se plier à toutes ses fantaisies sexuelles. Si les Femen lisaient «la Fille d’avant», il y aurait du grabuge  » .

Lire salue « un thriller psychologique qui sait semer le trouble chez le lecteur » .

Challenges et défis

Enfin, même si ce roman est une demi-déception, je peux en rentabiliser la lecture ! Je l’avais emprunté à la bibliothèque pour le rendez-vous du 16 juin du mois anglais chez Lou et Cryssilda. Bon, comme d’habitude, je suis franchement hors délai 🙁 …, mais je suis toujours en juin 😉 !

 

Mais il compte également pour le Petit Bac 2018 dans la catégorie Temps 😉 !

 

 

Roman anglais paru après 1960, donc participation au challenge Voisins Voisines !

 

 

Vous l’avez compris, La fille d’avant est un thriller ! Donc, participation au challenge Polar et Thriller chez Sharon 😉 .

 

Enfin, il participe aussi au défi Lire sous la contrainte, pour la contrainte 

9 pensées sur “La fille d’avant (J.P. Delaney)”

  1. J’ai justement eu ce roman que je ne connaissais pas en main aujourd’hui. Je l’ai trouvé dans une boite à livres, mais je l’y ai laissé. J’ai trop de romans qui m’attendent dans ma bibliothèque. Je trouvais le sujet intéressant, mais j’ai renoncé à le lire. J’ai bien fait finalement…
    Bienvenue sur mon blog et merci pour cette première participation à mon challenge.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *