La troisième balle (Leo Perutz)

Die dritte Kugel
traduit de l’allemand par Jean-Claude Capèle
Paul Zsolnay Verlag 1978
Librairie Arthème Fayard 1987 pour la traduction française
Zulma 2015 pour l’édition lue
330 p.

Comme je l’ai dit dans un autre billet, c’est « par hasard » que j’ai découvert Leo Perutz, que je ne connaissais aucunement, même pas de nom. Mais voilà, c’est grâce au Mois de l’Europe de l’Est, et à un billet de Claudialucia que j’ai fait sa connaissance. Par chance, la bibliothèque de ma ville possède des ouvrages de cet auteur, et j’ai décidé de commencer par son premier roman.

Un roman historique ? Pas au sens strict du terme, mais en tout cas un roman solidement enraciné dans l’Histoire ! En effet, ce roman se déroule au début du XVIème siècle, plus exactement au début de la conquête de l’empire aztèque, soit à la fin de 1519 (même si l’année n’est pas citée explicitement). Deux protagonistes majeurs du roman sont Hernán Cortés (parfois orthographié Frenand Cortez), le conquistador espagnol bien connu,  et Moctezuma, roi des Aztèques. Excusez du peu. Mais le personnage central du récit, lui, est complètement fictif : Franz Grumbach, allemand luthérien, qui tente de s’opposer à l’irrésistible conquête de l’espagnol.  L’occasion pour l’auteur d’aborder également la querelle théologique entre luthériens et chrétiens, laquelle a effectivement fait rage à l’époque de Charles Quint. Bref, l’auteur construit son roman autour d’un destin imaginaire et d’une reconstitution historique.

Un roman fantastique ? Certainement ! Mais pas au sens où les afficionados du genre l’entendent : ici, c’est beaucoup plus subtil 🙂 . Notons tout de même cet épisode au cours duquel Grumbach évoque le diable : celui-ci se laisse finalement convaincre de lui confier une arquebuse et trois balles : à lui de les utiliser au mieux pour protéger les Aztèques et faire obstacle à la conquête espagnole. Trois balles pour changer le cours de l’histoire… mais qui, finalement, ne changeront que le destin de Grumbach lui-même.

Un roman d’amour ? Certes ! Ce n’est pas là le thème central du roman, mais l’attachement porté à l’indienne Dalila par Franz Grumbach et par le duc de Mendoza, et la rivalité qui en découle, sont un élément essentiel de l’intrigue.

Un roman d’aventures ? Sans aucun doute : ne manquent ni combats singuliers, ni chevauchées harassantes, ni affrontements entre armées, ni trahisons…

Bref, un roman polymorphe, de surcroît narrativement très bien construit, qui a complètement emporté mon adhésion et est mon premier vrai coup de cœur 2018 ! Il ne me reste plus qu’à découvrir d’autres œuvres de Leo Perutz…

Ailleurs sur la toile

Philemont a apprécié le roman, mais il regrette que l’auteur ne parvienne pas à rendre ses personnages particulièrement attachants. Pour ma part, je ne suis pas d’accord avec lui : c’est vrai que l’empathie que l’on éprouve à l’égard des personnages pourrait être plus grande, mais elle est loin d’être insignifiante !

Pour Hard Cover, La Troisième balle fait partie de ces livres qui se dévorent. Quant à Soleil Vert, il parle d’un roman un peu long encore que doté d’une écriture d’une sûreté absolue.

Challenges et défis

Bien évidemment, ce billet participe au Mois de l’Europe de l’Est, challenge organisé par Eva, Patrice et Goran. Malheureusement hors délai, puisque nous ne sommes plus en mars 😉 !

Enfin, il s’agit de ma première participation à ma deuxième ligne du Petit Bac 2018, pour la catégorie Objet. (Oui, je sais, ma première ligne n’est pas terminée, mais il paraît que l’on peut en mener deux de front 😉 !)

 

 

 

Une pensée sur “La troisième balle (Leo Perutz)”

  1. Peut-être hors délai, mais quel titre intéressant. Je ne le connaissais pas et cela illustre encore une fois la grande variété de thèmes que Perutz est capable de traiter. Merci !

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