L’aigle (KADARE Ismaïl)

L’Aigle
(Titre original ?, traduit de l’albanais par Jusuf Vrioni)

Ismaïl Kadaré

Fayard – 1999 (Édition originale 1996 ?)

Mille et une nuits

105 pages

Quatrième

Max est  » précipité  » inexplicablement dans une localité hors de l’espace et du temps, où vivent les individus relégués par un mystérieux régime totalitaire. Dans cet  » en bas « , l’évasion n’est qu’un rêve et un motif supplémentaire de cette culpabilité vague dont le sentiment étreint tous les personnages. La tentative du héros de rejoindre  » ceux d’en haut  » selon la recette du mythe antique – à dos d’aigle, quitte à payer le tribut de sa propre chair – n’aboutit qu’à une chute plus irrémédiable…

Comme dans la plupart de ses récits, Ismaïl Kadaré (né en 1936) transfigure la réalité albanaise par l’allégorie et la métaphore politiques.

Incipit

Il devait être dix heures du soir (plus tard, il se remémorerait souvent cet instant sans pouvoir dire si sa conviction que cette heure constituait un de ces moments inoffensifs, où rien ne se met en marche ni ne se conclut, car tout ce qui est de quelque conséquence – évidemment en mal, pas en bien – s’est déjà accompli ou attend une heure plus avancée ; plus tard, donc, en se rappelant cet épisode, il n’aurait su dire si cette appréciation s’accompagna sur-le-champ d’un avertissement sourd : Prends garde !, ou si ce ne fut là qu’une impression ultérieure, après qu’une foultitude de choses eurent changé de place dans son esprit).

Mon avis

Très belle découverte que cet Aigle, d’un auteur que je ne connaissais que de nom, l’albanais Ismaïl Kadaré. Si vous aimez la critique grinçante d’un régime totalitaire par le biais d’une fable surréaliste, alors ce court récit est pour vous !

Peut-être serez-vous déçus par la fin aux accents tragiques, mais n’est-ce pas la règle dans ces régimes totalitaires : il n’y a pas d’issue heureuse sans compromission, et même l’amour n’est qu’un leurre dont la consolation n’est qu’illusoire.

Bref, un récit à lire sans hésiter, mais en gardant sous la main une lecture plus légère « pour après » , afin de se remonter le moral.

L’avis d’autres blogueurs

Ma chasse aux critiques n’a guère été fructueuse, mais j’ai quand même trouvé deux avis, positifs de surcroît : « Grandiose » pour Reveline et « Un texte à lire, à découvrir et à apprécier » pour Sahkti.

Ailleurs sur la toile

Chez Babelio, l’appréciation est presque unanime, mais il n’y a guère d’avis : une note moyenne de  4.19/5 (sur 8 notes) !

Challenges et défis

Lu entre le 3 et le 8 mars (oui, je sais, c’est beaucoup pour un ouvrage de 105 pages…), je poursuivais avec ce roman mon Mois de l’Europe de l’Est, challenge organisé par Eva, Patrice et Goran. Et comme l’Albanie est un pays européen, ce billet a sa place dans le challenge Voisins Voisines, géré par A propos de livres… Enfin, il s’agit de ma troisième participation à ma première ligne du Petit Bac 2018, pour la catégorie Animal.

6 pensées sur “L’aigle (KADARE Ismaïl)”

  1. Comme toi, l’auteur m’est connu, mais je n’ai encore jamais franchi le cap de lire sa prose. Un petit récit comme celui-là pourrait constituer une bonne porte d’entrée!

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