La ballade d’Iza (SZABO Magda)

La ballade d’Iza
(Pilatus, traduit du hongrois par Tibor Tardös, Chantal Philippe et Suzanne Canard)

Magda Szabo

Éditions Viviane Hamy – 2005 (1963 pour l’édition originale)

262 pages

Quatrième

Dans sa maison de la Grande Plaine, Mme Szöcs attend : son mari est en train de mourir, il ne la reconnaît plus et sa dernière phrase est destinée à Iza, leur fille trop aimée.

Une fois son père enterré, la jeune femme emmène la vieille dame vivre avec elle dans son appartement de Budapest. Elle a tout organisé, fait le tri entre meubles et objets à garder et à abandonner, arrangé la chambre, sans rien demander à sa mère, ni son avis ni ses envies.

Peu à peu, la fragile Mme Szöcs se pétrifie dans la non-existence qui lui est ainsi offerte, jusqu’au jour où elle décide de retourner dans son village…

Incipit

La nouvelle était arrivée au matin. Elle faisait griller le pain au-dessus du feu de bois.

Iza leur avait envoyé, trois ans auparavant, un drôle de petit appareil ; entre les filaments portés au rouge, les tranches croustillaient en un clin d’œil. Elle l’avait tourné et retourné dans tous les sens avant de le remettre dans sa boîte et de le fourrer au fond du buffet de la cuisine pour ne plus jamais l’en ressortir.

Mon avis

De Magda Szabo, j’avais lu, il y a quelques années, La porte, que j’avais adoré. Comme je ne me souvenais absolument plus de l’histoire, j’ai hésité à relire ce livre dans le cadre du mois de L’Europe de l’est. Et puis, je me suis dit qu’après tout, ce n’était peut-être pas plus mal d’en lire un autre de la même auteure ! Et là, surprise, au fil des premières pages, j’ai réalisé que je l’avais déjà lu ! Et puis, au bout d’une centaine de pages, bizarre, je ne me souvenais plus de rien, comme si je n’avais pas lu ce roman jusqu’au bout… Est-ce un Alzheimer débutant ? Ou bien, plus vraisemblablement, acculé par le manque de temps, ai-je dû le rendre à la bibliothèque sans l’avoir terminé ? En tout cas, ce n’est certainement pas parce que je n’aimais pas ce livre : il mérite absolument d’être lu ! Ne serait-ce que pour la découverte de la Hongrie, de son histoire, vue par le « petit bout de la lorgnette » , c’est à dire au travers de la vie de ses habitants. Ne serait-ce que pour les questions que l’auteure aborde (sans aucune pesanteur, mais tout en nuances) : la vieillesse, la solitude, les rapports mère-fille, le délicat équilibre à trouver entre engagement pour les autres et vie personnelle, etc.

Et tout cela au travers d’une histoire à la narration parfaitement maîtrisée et des personnages tous plus attachants les uns que les autres.

Bref, une lecture à recommander !

L’avis d’autres blogueurs

Déjà, en 2012, Les deux bouquineuses aimaient beaucoup ce roman : « Très beau livre, humain et passionnant. »

Jantoufic, sur Sens critique, est également très positif.

Ailleurs sur la toile

Chez Babelio, l’appréciation est presque unanime : une note moyenne de  4.09/5 (sur 88 notes) !

Challenges et défis

Lu entre le 22 février et le 3 mars (chroniqué seulement maintenant, procrastination oblige), ce roman inaugurait mon Mois de l’Europe de l’Est, challenge organisé par Eva, Patrice et Goran. Et comme la Hongrie est un pays européen, ce billet a sa place dans le challenge Voisins Voisines, géré par A propos de livres… Enfin, il s’agit de ma deuxième participation à ma première ligne du Petit Bac 2018 pour la catégorie Prénom.

9 pensées sur “La ballade d’Iza (SZABO Magda)”

  1. J’ai participé au mois de l’Europe de l’Est . La ballade d’Iza est un des livres que j’avais prévus ! Mais il faut croire que j’ai été trop ambitieuse et j’arrive fin mars sans avoir eu le temps d’écouler toute la pile mise de côté. Moi aussi j’ai aimé La porte et comme je vois, d’après ce billet, que celui-ci est tout aussi intéressant, je pense continuer encore un peu mes lectures de l’Est avec ce titre !

  2. Magda Szabo est pleinement à l’honneur dans ce mois de l’Europe de l’Est. Merci pour cette chronique qui donne vraiment envie de découvrir ce livre : je le note tout de suite dans mon carnet !

  3. Magda Szabo a une telle sensibilité qu’après « la porte » qui donne à penser encore et encore plusieurs mois après sa lecture, que je suis allée les yeux fermés vers « la balade d’Iza ». J’y ai retrouvé la même sensibilité, la même délicatesse dans la description des sentiments. Elle y aborde un de ses thèmes favoris. Aider, faire à la place, disposer de l’autre pour faire son bonheur, sait-on à quel point cela peut faire souffrir et même engendrer du malheur ! Merci d’avoir choisi ce beau livre.

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