jouquée

Mais pourquoi se rendre au théâtre si c’est pour fermer les yeux ? Alors je les rouvris. Je retrouvai Roméo dans la même position où je l’avais laissé, une main sur le cœur, l’autre levée vers sa bien-aimée jouquée sur son faux balcon.

Michel Tremblay, La nuit des princes charmants, p.66

Mon Larousse reste bien évidemment muet, mais le contexte est clair, d’autant que de juché à jouqué, la ressemblance est flagrante. Et de fait, le Dictionnaire québecois nous confirme :

Jouquer : Verbe propre au langage populaire québécois. Il correspond à l’acte de se hisser vers le haut, de se jucher sur quelque chose en hauteur.

Mais le plus surprenant, c’est qu’il ne s’agit pas d’un mot spécifique au Québec ! En effet, en Anjou, le jouc désigne le perchoir des poules. Et donc, par extension, en patois angevin, jouquer signifie être perché, être juché sur une échelle, une chaise…

Dans le même ordre d’idée, le Wiktionnaire nous apprend que :

En Haute-Normandie et plus précisément dans le Pays de Bray, le verbe « se jouquer » veut dire aller se coucher. On dira : « J’m’en vas me jouquer » ou « j’m’en vas au jouc. En fait, ce terme vient des poules qui, quand elle vont dormir, vont se jouquer (se jucher) sur leur perchoir.