Leonard Cohen : Suzanne

Et là, dans le bruit et les embouteillages, au bout d’un fil très court qui me retenait encore à une enfance très éloignée, quelques accords de guitare.

Quelques notes et la voix parfaite, rauque et un peu traînante, de Leonard Cohen.

Suzanne takes you down to her place near the river
You can hear the boats go by
You can spend the night beside her
And you know that she’s half crazy…

– Ça va mieux ?

But that’s why you want to be there.

Je hochai la tête, en petit garçon capricieux.

Anna Gavalda, La consolante, p.24

Moi aussi, quand j’étais jeune (et encore maintenant 😉 !) j’aimais beaucoup Leonard Cohen.

enquiller

Au bout de quelques rues silencieuses, chacune de mes questions semblant l’accabler plus encore que la précédente, elle tripota son iPod et enquilla ses écouteurs.

Anna Gavalda, La consolante, p.24

Je ne connaissais pas enquiller, mais ce verbe ne me semblant pas particulièrement exotique, j’ai été surpris de ne pas le trouver dans mes Larousse.

Dès lors, direction Internet. Et là, surprise, sur le site de Larousse, ce verbe est repris… Mon dictionnaire de 2007 commencerait-il à être obsolète ? Mais, nouvelle surprise, la définition proposée (enchaîner, accumuler) ne semble pas correspondre au contexte de l’extrait…

Dans mes recherches de mots inconnus, le site du CNRTL m’est souvent d’un grand secours. Mais les surprises continuent ! On n’y parle d’abord que d’un usage intransitif (entrer) ou pronominal réfléchi (s’introduire). Ce n’est qu’en remarque que le site parle également d’un emploi transitif, au sens de mettre, enfiler, avec comme exemple « enquiller son froc » . On retrouve bien le sens général d’entrer dans. Il me semble donc que dans l’extrait de Anna Gavalda, il y a inversion de sens : le personnage met ses écouteurs dans ses oreilles et non l’inverse. Probablement par extension du sens de mettre ?

Ajout du 11 juillet : sur Reverso, on trouve également mettre en place dans son logement, ce qui semble correspondre à l’utilisation qu’en fait Anna Gavalda.

Entropie

Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est l’entropie (voir mon billet d’hier), il s’agit d’une grandeur qui permet d’évaluer la dégradation de l’énergie d’un système. Elle caractérise le degré de désordre de ce système.

En l’occurrence, c’est moi le système, et mon énergie est anormalement dégradée. Quant au degré de désordre de mon bureau, il est particulièrement élevé. Et inversement proportionnel à mon moral.

Le problème, entre autres, c’est mon éparpillement dans de trop nombreuses activités, de surcroît pas toujours épanouissantes. Il faut que je profite de ce début de vacances pour faire le ménage dans tout cela. Et tant pis si, au bout du compte, ce blog est emporté par mon grand coup de balai.

Urgence absolue

Nécessité absolue de reprendre ma plume de diariste
De la plonger à nouveau dans l’encre de ma vie
Vie parfois noire comme de l’encre
Je fictionne
Ma vie est loin d’être si noire que je la peins
Mais la vie est ce que l’on en fait.

Sensation du temps qui file
Comme le sable entre les doigts
La main brusque se referme sur le vide
A peine le temps de penser au présent
Qu’il est déjà du passé dépassé
Le futur m’angoisse
Mourir cela n’est rien
Mourir la belle affaire
Mais vieillir
Pardon Jacques
Tu l’as si bien chanté que je n’ai pu résister.

Urgence absolue
Identifier les pertes de temps inadmissibles
Ne rien faire est admissible
Faire de l’inutile ne l’est pas
Cesser d’augmenter l’entropie de mon existence
Absolument.

Insomnies partagées

Lovés
Imbriqués
Corps moites et transpirant
L’amour nous rapproche
La chaleur nous éloigne
Insomnies partagées
Le désir
Le plaisir
Ont fuit sans espoir de retour
Et les mêmes ruminations comme toujours
Le jour point
De sommeil encore point
Les prochaines heures se vivront fatigués
Je m’arrache à ton étreinte
Pour jeter ces mots sur le papier
Nous n’en dormirons pas mieux pour autant

friter (se)

– Ça fait longtemps que tes parents ne s’entendent plus ?

– Ils se fritaient bien de temps en temps, mais je pensais pas que ça allait aussi mal…

Gilles Legardinier, Et soudain tout change, p. 64

En bon Belge, j’apprécie la frite, mais je ne connaissais pas du tout l’expression se friter ! Ok, le contexte est clair, quand on ne s’entend pas bien, c’est qu’il y a de la friture sur la ligne 😉 ! Mais j’ai voulu en avoir le cœur net, et j’ai consulté le dictionnaire que j’avais sous la main, un Larousse de 1982 : rien… Monté au bureau, consulté le Larousse de 2007, et là, bonheur :

se friter : (familier) se disputer, se bagarrer.

Et mon dictionnaire de préciser que cette expression à pour objet la frite ! Il ne s’agit bien sûr pas, dans ce cas, du bâtonnet de pomme de terre frit, mais plutôt de :

Coup sur les fesses donné d’un geste vif du dos de la main.

On apprend tous les jours 🙂 !

Que de verbes !

Je suis heureux de constater que je ne suis pas le seul à être fasciné par les verbes !

J’ai toujours cru qu’il existait un âge pour conjuguer les verbes : marcher, grandir, aimer, perdre, souffrir, mentir, baisser les yeux, apprendre, se battre, avouer, espérer, partir ou laisser partir. Maintenant, je sais que c’est faux. Il n’y a pas d’âge pour conjuguer les verbes, il faut juste les circonstances.

Gilles Legardinier, Et soudain tout change, p. 21

Sur la plage, les pavés

Inconscience ? Sans doute… Le mois anglais est à peine terminé, sans aucun billet littéraire de ma part, que j’envisage déjà pour l’été un nouveau défi ! Je veux parler du challenge Pavé de l’été, organisé par Sur mes brizées.

Il s’agit d’un challenge très simple, sinon à réaliser, du moins à expliquer : il « suffit » de lire (au moins) un livre de (au moins) 600 pages 😉 !

En ce qui me concerne, après examen de ma PAL, j’ai sélectionné La consolante de Anna Gavalda (637 pages) et, si l’été est propice, j’enchaînerai avec Maudits de Joyce Carol Oates (803 pages).

L’été sera chaud, l’été sera beau 😉 !