The show must go on

Shame on me!

Avril, mois belge : 8 romans lus, aucun billet publié 🙁

Mai, mois italien : 3 romans lus, aucun billet publié 🙁

And now, ladies and gentlemen, in june, the show must go on 🙂 !

Oui, vous m’avez bien compris, j’ai décidé de ne pas baisser les bras et de m’inscrire à un troisième mois thématique, je veux bien sûr parler du fameux Mois Anglais, organisé par Cryssilda et Lou. Figurez vous que c’est déjà la 7ème édition !

Billets libres, lectures communes, comme chaque année il y en aura pour tous les goûts. Le seul mot d’ordre: fêter l’Angleterre sur nos blogs. Alors, bien évidemment, comme chaque année, une foultitude de rendez-vous sont programmés : la liste complète est disponible chez Cryssilda et Lou. En ce qui me concerne, avec la fin de l’année scolaire et son cortège de corrections et de délibérations, je me suis limité à quelques propositions : si je relève ce défi, je serai déjà very happy 😉  !

  • 5 juin : RDV SF / fantasy / surnaturel
  • 7 juin : Lecture en VO
  • 12 juin : Let’s meet Agatha
  • 16 juin : Un roman de J.P. Delaney
  • 20 juin : Anna Hope
  • 25 juin : Un classique (XIXe ou avant)
  • et un petit dernier pour la route, s’il me reste du temps

Ce qui donne dans l’ordre :

                 

Incipit 009

Bon d’accord, sur les huit premiers incipits proposés, un seul (jusqu’à présent !) a été suivi d’un billet chroniquant le roman correspondant… Mais j’espère bien être plus régulier à partir d’aujourd’hui ! Pour vous mettre sur la piste, mai est Mois Italien chez Martine !

C’est le 15 juin 1767 que Côme Laverse du Rondeau, mon frère, s’assit au milieu de nous pour la dernière fois. Je m’en souviens comme si c’était hier. Nous étions dans la salle à manger de notre villa d’Ombreuse ; les fenêtres encadraient les branches touffues de la grande yeuse du parc. Il était midi ; c’est à cette heure-là que notre famille, obéissant à une vieille tradition, se mettait à table ; le déjeuner au milieu de l’après-midi, mode venue de la peu matinale Cour de France et adoptée par toute la noblesse, n’était pas en usage chez nous. Je me rappelle que le vent soufflait, qu’il venait de la mer et que les feuilles bougeaient.

Io arrivo !

Je dirais même plus, à l’instar de notre grand Jacques :

J’arrive, bien sûr, j’arrive
N’ai-je jamais rien fait d’autre qu’arriver ?

En effet, j’ai la détestable habitude de lire (pas mal), mais de ne pratiquement pas chroniquer mes lectures 🙁 … Ah, procrastination, quand tu nous tiens ! Je viens de faire rapidement un petit bilan depuis le début de l’année : j’ai dix-huit (18 !) billets en retard 🙁 🙁 … Alors, c’est bien beau de s’inscrire à des challenges, mais j’ai encore trois billets à écrire pour le Mois de l’Europe de l’Est (mars) et huit pour le Mois Belge (avril).

Qu’à cela ne tienne, je m’inscris au challenge du Mois Italien organisé par Martine 🙂 ! J’espère juste être plus régulier… Alors, bien sûr, il y a des tas de propositions alléchantes, mais en ce qui me concerne, je serai déjà bien content si je publie quatre ou cinq billets d’ici la fin du mois ! Continuer la lecture de « Io arrivo ! »

Sarah Berti

Et dire que je ne connaissais pas Sarah Berti !

Dans le cadre du Mois Belge, j’ai mis de l’ordre dans mes caisses de bouquins qui prennent les poussières au grenier, et suis retombé sur Qui a tué Mamie Grababelle ?, ouvrage gagné à un concours au début du XXIe siècle et que j’avais jusqu’ici négligé. L’occasion de le lire (billet demain) et donc de découvrir une auteure belge.

Pour la découvrir, l’essentiel de ses romans ayant paru aux Éditions Mols, je me permets de reprendre la présentation qu’en fait cette maison d’édition sur son site Internet :

Née en 1974, elle écrit ses premiers textes très tôt et dès l’adolescence, elle fait partie des lauréats du Prix Liège Jeunes Auteurs. En 2000, elle reçoit le Prix du Parlement de la communauté française et le Prix Fureur de Lire. Son premier roman Un amour… reçoit le coup de cœur du jury du prix Jean Muno. Elle publie ensuite deux romans pour la jeunesse, dont Qui a tué Mamie Grababelle ?, nominé pour le Prix Farniente.

Nouvelliste, elle propose de nombreux textes courts qui remportent diverses récompenses en Belgique et à l’étranger (Prix de la Fondation Plisnier, Grand Prix de l’Eau Noire, Nouvelle de Talant, deux fois le grand prix de littérature policière de Liège…). Une quinzaine de ces textes primés sont publiés en 2008 dans un recueil intitulé Casa nostra.

C’est que Sarah Berti a l’art de scruter notre époque et les âmes avec une sorte de dérision acerbe et touchante, qui souligne peut-être ici l’urgence de certains changements dans le monde…

Voilà une bi(bli)ographie impressionnante !

onglée

Deuxième récolte du même roman qu’hier :

Edmée, en culotte, les cheveux sur le visage, avait dû casser une mince couche de glace dans son broc et hésitait à se passer sur les joues la serviette mouillée dont le seul contact lui donnait l’onglée.

Georges Simenon, La maison du lac, p. 161

A nouveau, mon Larousse suffit (et la définition, vu le contexte, n’étonnera personne) : engourdissement douloureux du bout des doigts causé par un grand froid.

cheviotte

Il y a longtemps que je ne vous ai plus proposé un mot que je ne connaissais pas :

Une lèvre frôla la sienne cependant qu’elle se raidissait, ployait les reins pour éloigner son torse de la poitrine de Fred. Il sentait le genièvre, le cosmétique et la cheviotte mouillée.

Georges Simenon, La maison du lac, p. 82

Photo d’une brebis cheviot avec son agneau.

Nul besoin d’Internet, mon Larousse a suffi : il s’agit d’une laine de mouton, et par extension, d’une étoffe faite avec cette laine.  En ce qui concerne l’étymologie, le cheviot est une race de moutons anglaise et écossaise, originaire des monts Cheviot (massif montagneux à cheval sur l’Ecosse et l’Angleterre).

Incipit 008

Et pour terminer ces Incipits programmés, une dernière auteure belge 😉 :

Ils ont dû être contents d’avoir une lettre de camionneur, au Journal des Familles. Ce n’est pas souvent que ça doit leur arriver. J’ai écrit: «L’autre jour, sur l’autoroute, un chien abandonné courait le long du terre-plein central. C’est très dangereux, ça peut créer un accident mortel.» J’ai pensé, après l’avoir écrit, que «créer» n’était peut-être pas le bon mot, puis je l’ai laissé parce que je n’en trouvais pas de meilleur, et que créer, c’est mon boulot, bien que j’aie ajouté: «Mon boulot, c’est camionneur».

Incipit 007

Encore une auteure belge !

« Cinq heures… Il va bientôt rentrer… » se dit Elisa. Et voilà qu’à cette idée elle ne peut plus rien faire.
Elle a frotté, lavé, fourbi durant toute la journée, elle a préparé une soupe épaisse pour le dîner – ce n’est pas la coutume du pays de manger lourdement le soir, mais c’est nécessaire pour lui qui, à l’usine, ne déjeune que de tartines aux oeufs. Et maintenant, ne fût-ce que pour mettre le couvert, ses bras s’engourdissent et retombent inertes le long de son corps. Un vertige de tendresse la fige, immobile et haletante, accrochée des deux mains à la barre de nickel du fourneau.

Incipit 006

Toujours le Mois Belge, avec un deuxième roman pour l’auteur de l’Incipit 3 😉 :

Vendredi 7 novembre. Concarneau est désert. L’horloge lumineuse de la vieille ville, qu’on aperçoit au-dessus des remparts, marque onze heures moins cinq.
C’est le plein de la marée et une tempête du sud-ouest fait s’entrechoquer les barques dans le port. Le vent s’engouffre dans les rues, où l’on voit parfois des bouts de papier filer à toute allure au ras du sol.