tuque

Mes vêtements claironnaient-ils mon origine roturière ? Est-ce que je sentais encore le restant de soupe aux pois que j’avais mangé avec tant d’appétit avant de partir de la maison ? Le pompon de ma tuque était-il trop gros ?

Michel Tremblay, La nuit des princes charmants, p.35

Encore un mot québecois, que forcément je ne connaissais pas, mais qui se trouve bel et bien dans mon Larousse :

Bonnet d’hiver, généralement de forme conique.

sloche

La rue Sainte-Catherine était bloquée dans les deux sens ; un bouchon s’était formé en direction de l’ouest à partir de Bleury et je dus marcher le reste, une demi-heure d’enfer à patauger dans la sloche en maudissant mon amour pour l’opéra.

Michel Tremblay, La nuit des princes charmants, p.33

La sloche avait gelé d’un seul coup, se transformant en une glace inégale, raboteuse, surtout dans l’ombre d’un théâtre où ne brillait qu’une petite lumière rouge, comme à la porte d’un bordel.

Michel Tremblay, La nuit des princes charmants, p.79

Lire québecois a, entre autres avantages, celui de me fournir une bonne réserve d’idées de billets étiquetés Vocabulaire 😉 . Quant à cette sloche, les deux extraits donnent une bonne idée de ce dont il s’agit ! Et pas besoin d’Internet pour en avoir confirmation, même mon Larousse connaît ce mot!

Mélange de neige fondante, de sable et de sel sur les trottoirs, la chaussée.

Et pour être complet, il ajoute que ce mot vient de l’anglais slush, et que son emploi est critiqué. Wiktionary précise que la graphie slush est plus fréquente. Mais alors, ils parlent anglais ? Quant au site Je parle québecois, il parle de neige fondante et très sale. Presque de la gadoue. Bref quelque chose que nous connaissons bien en Belgique aussi, même si c’est probablement moins fréquent qu’au Québec.

quétaine

En fait, l’opéra nous donne la permission d’être quétaines ! Les chic connaisseurs de Bayreuth et de La Scala, l’engeance la plus snob et la plus discriminatoire du monde, le savent-ils qu’ils sont de vénérables quétaines ? J’y pense souvent et je ris dans ma barbe naissante.

Michel Tremblay, La nuit des princes charmants, p.20

Mon Larousse n’étant pas très orienté québecois, j’ai été obligé de faire appel à Internet.

De mauvais goût, démodé ou qui relève du cliché, du kitch. Qui présente un caractère désuet ou passé de mode. Peut également s’orthographier Kétaine.

Québec en novembre 2017

Bon d’accord, m’inscrire  le 25 novembre à un challenge de lecture qui se déroule durant le mois de novembre, c’est bien triste 🙁 … Mais comme je l’expliquais hier, si je ne tiens plus ce blog depuis près de trois mois, je ne me privais quand même pas totalement de lecture, et, justement, dans l’espoir de participer au mois québecois organisé par Karine et Yueyin, j’ai emprunté La nuit des princes charmants, de Michel Tremblay, et l’ai enfin terminé hier. Billet sans doute lundi.

En rendant ce livre à la bibliothèque, j’ai pris Chroniques du pays des mères, de Elisabeth Vonarburg, dont j’ai entendu parler (en bien !) depuis longtemps. Malheureusement, ce pavé de plus de 600 pages, je ne l’aurai pas terminé dans les temps, loin s’en faut. Tant pis : qu’importe le challenge pourvu qu’on ait l’ivresse de la lecture 😉 !

Rattraper le temps perdu

Le temps perdu
Vouloir le rattraper c’est du temps du temps perdu
Comme les illusions de nos 20 ans du temps perdu
Ce qui est important c’est le temps de l’inconnu
Avec tous les bonheurs qu’il nous tend inattendus
Laisse tomber c’était du mauvais temps le temps perdu
Courir après c’est du temps perdu
J’aurais pu faire c’est vrai, tant de choses

Le temps perdu
P. Delanoë – F. Bernheim
chanté par Serge Reggiani

Plus un seul billet sur ce blog depuis le 3 septembre ! Pourtant, je n’ai pas l’impression d’avoir perdu mon temps… J’ai surtout beaucoup travaillé ! Trop même, sans doute. C’est que cette année scolaire, ma charge de cours est inégalement répartie : je preste actuellement l’équivalent d’un temps plein et demi. Bon, d’accord, à partir de février 2018, cela sera comme si je travaillais à mi-temps, mais en attendant, je dois prendre mon mal en patience.

J’ai quand même pu dégager un peu de temps, de ci de là, et lire quelques bons (et moins bons romans), aller une fois au cinéma, quelques fois au théâtre. Mais voilà, je n’ai pas eu (ou pas pris) le temps de rédiger les billets correspondants. Ce n’est pas l’envie qui m’a manqué, mais l’énergie. Je me sens fatigué. Très fatigué. Mais il faut réagir ! Sinon, l’impression d’échec me guette !

Bref, j’ai décidé de réveiller mon blog. Le pauvre, il n’avait pas eu beaucoup de temps pour être actif : 29 billets entre le 31 mai et le 3 septembre, soit en moyenne à peu près un billet tous les 3 jours. Pas brillant, mais un exploit en comparaison de mes 82 jours de silence… Il n’y a vraiment pas de quoi être fier !

Inutile de dire que ce n’est pas l’inspiration qui me manque ! Mais vouloir rattraper le temps perdu, c’est du temps perdu. Peut-être donc puiserai-je de temps en temps dans mes activités de ces derniers mois pour reprendre (la plume) le clavier, mais j’essaierai surtout d’être plus en phase avec mon vécu quotidien ! C’est plus motivant 😉 !

succotash

Au dîner, ils mangèrent les steaks au barbecue de Denny et le succotash maison de Nora. La cuisine de Nora était assez rustique ; le succotash ne faisait pas partie des habitudes culinaires de la famille.

Anna Tyler, Une bobine de fil bleu, p.134

Je ne connaissais pas le succotash, et mon Larousse non plus… Bon, le contexte est clair : il s’agit d’un plat rustique ! Mais encore ?

Dès lors, direction Internet. Cette fois, c’est Wikipedia qui vient à mon secours : il s’agit d’un plat de la cuisine américaine dont les principaux ingrédients sont les haricots de Lima et le maïs, éventuellement accompagnés de morceaux de viande ou de poisson salés.

Rentrer

Quoi ? Plus aucun billet depuis le 16 juillet ? Est-ce possible ?

Accusé, qu’avez-vous à dire pour votre défense ?

Dans un premier temps, je suis parti deux semaines en vacances à l’étranger, période pendant laquelle la carte wifi de mon portable a choisi de se faire la malle. Normal, elle aussi avait besoin d’un peu déconnecter ! De retour (vers le 4 août), j’ai été très pris par la préparation de quelques cours particuliers, que j’avais accepté de donner, alors que je connaissais très mal la matière (algèbre financière)… Ensuite, après le 15 août, ce fut la folle sarabande des examens à surveiller, à corriger, puis les interminables délibés… Bref, je plaide coupable, mais avec circonstances atténuantes.

Quoi qu’il en soit, pour me faire pardonner, j’ajoute un verbe à ma collection : rentrer. Au pied de la lettre (en l’occurrence, un r) : entrer à nouveau dans un lieu où l’on était déjà entré, mais duquel on était sorti. Rentrée scolaire, ce matin, pour beaucoup de jeunes enfants en âge de maternelles ou d’école primaire. Cinq de mes petits-enfants étaient dans ce cas. Mais le sixième (deux ans et demi) allait aujourd’hui pour la première fois à l’école. Peut-on encore, dans ce cas, parler de rentrée ? Quant à moi, c’est bien d’une rentrée qu’il s’agit. J’ai renoncé, pour ne pas déprimer, à les compter, je sais seulement qu’il s’agit de l’avant-dernière 🙂 ! Je ne sais par ailleurs pas pourquoi j’ai ajouté un smiley : même si cette prise de pension anticipée (de deux ans) en 2019 est un choix personnel, je ne peux m’empêcher de vivre l’approche de cette prochaine étape comme un signe tangible de mon avancée en âge. Ah, comme le chantait le grand Jacques, mourir la belle affaire, mais vieillir ! Mais assez pleurniché : gémir n’est pas de mise (je suis fidèle dans mes sources d’inspiration), pas plus aux Marquises qu’ici.

Revenons donc à nos rentrées. Mais non, pas d’argent ! Je veux parler de la charge symbolique que porte la notion de rentrée, cette impression que l’on remet les compteurs à zéro et que tout est de nouveau possible ! D’ailleurs, je crois beaucoup plus aux bonnes résolutions du premier septembre qu’à celles du premier janvier… C’est ainsi qu’en ce jour de rentrée, je prends la résolution de tenir régulièrement ce blog 😉 !

Et puis, il y a bien sûr la rentrée littéraire ! Mais qui rentre à nouveau dans quel lieu ? Le lecteur chez le libraire ? Ou les livres dans mon salon ? Allons, foin d’arguties ! C’est avec grand plaisir que je m’inscris au challenge organisé par Sophie Hérisson : son objectif est de lire, d’ici le 31 janvier 2018, 1% de la rentrée littéraire. Faites vos comptes : puisque le nombre officiel de livres sortis dans le cadre de cette rentrée 2017 est de 581, il faut lire 6 livres. Soit un livre par mois. Cela me semble raisonnable, isn’t it ?